Riyad Mahrez (Le Havre)
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Mahrez : forgé au HAC, star en Algérie

Publié le 22/03/2020 à 15:59 - LFP

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Vainqueur de la CAN 2019 avec l’Algérie et tête d'affiche de Premier League sous les couleurs de Manchester City, Riyad Mahrez fait partie des joueurs qui se sont révélés en Domino’s Ligue 2 avant de connaître une grande carrière. Retour sur un parcours des plus atypiques.

53 buts et 39 passes décisives en 189 matchs de Premier League. Depuis ses débuts dans sa ville natale de Sarcelles en DHR, Riyad Mahrez a parcouru beaucoup de chemins. A 29 ans, l’attaquant franco-algérien évolue à Manchester City, dans une des plus grosses cylindrées de Premier League et européenne, où il s’est engagé en 2018, après avoir brillé du côté de Leicester.

Mais avant d’étaler toutes ses qualités de dribbleur et de finisseur sur les pelouses anglaises, au point d’en être l’un des meilleurs éléments depuis cinq saisons, Mahrez éclot en Domino’s Ligue 2, où il apprend en quelque sorte son métier. Et c’est au Havre AC que le numéro 26 de Manchester City se révèle petit à petit à partir de 2010, en comptant 60 apparitions en deux saisons et demie au sein de l’antichambre de la Ligue 1 Conforama.

Un talent brut

Au Havre, Johan Louvel (alors adjoint de la réserve) repère « les qualités d’éliminations en un contre un et les appuis » du joueur lors d’une rencontre de CFA contre Quimper en 2009. Le tacticien du club doyen constatait également « de vraies qualités athlétiques d’endurance et de vivacité ». En Normandie, Mahrez apprend « la rigueur et l’exigence tactique pour mieux mettre en valeur son talent » révélait Cédric Daury, ancien coach du HAC, lorsque le joueur a percé en Angleterre.

Dès ses premières apparitions avec les Ciel et Marine, le joueur de 20 ans affiche une qualité individuelle forte et également une certaine marge de progression, en raison d’un physique des plus frêles : une petite soixantaine de kilos pour 1,79m… Passé pro en début d’année 2011, il confirme alors le potentiel affiché lors des apparitions avec la réserve du club, mais également ses limites dans le domaine physique pour évoluer au plus haut niveau. Conscient de ce déficit, l’attaquant international est un gros bosseur et s’impose des séances supplémentaires. « Lors de sa première saison, on travaillait beaucoup sur son efficacité face au but. Il fallait travailler sur cette exigence, car il était passé entre les mailles des filets de la formation », se remémorait Johan Louvel en 2016 pour le site du HAC.

Une ascension éclaire !

« La joie de vivre » évoquée par son ancien « formateur » au Havre est d'ailleurs toujours présente à Man City, où Pep Guardiola constate « un sourire » toujours présent sur le visage du joueur : « J’aime travailler avec ce genre de joueur ». Et si Mahrez a surtout évolué en tant que remplaçant la saison passée avec le coach catalan, son temps de jeu est désormais plus conséquent. L’été dernier, Pep Guardiola avait d’ailleurs effectué un parallèle rassurant avec Bernardo Silva, arrivé au club, une saison avant l’Algérien, en provenance de l’AS Monaco, et pas toujours dans le onze lors de son premier exercice : « Il lui a fallu un certain temps pour me comprendre et même à moi pour comprendre son style de jeu ». Un statut qui n'a cependant pas empêché le Franco-algérien de signer 12 buts et 12 passes décisives en 44 apparitions, toutes compétitions confondues, avec les Citizens en 2018/19. En plus de remporter trois trophées en club : le Community Shield, la Carabao Cup et la Premier League. Sans oublier la CAN avec l’Algérie.

Mais en Normandie, déjà, Mahrez avait dû batailler pour se faire une place dans le onze-type en Domino's Ligue 2. Une fois en place, son impact avait grandi (4 buts et 6 passes décisives en 2012/13). Dans la lignée de sa progression, son été 2013 le propulse sur le devant de la scène en Domino’s Ligue 2. Il réalise notamment une performance de choix, le jour d’un spectaculaire Havre AC-RC Lens (6-2), sous le soleil normand (1 but et 2 passes décisives). Révélation du HAC, Riyad Mahrez quitte le club, en janvier 2014, pour Leicester, alors en Championship pour y franchir de nouveaux caps. En seulement trois ans, le dernier vainqueur de la CAN glane des titres en Championship (2014) et Premier League (2016), découvre la sélection algérienne (2014), et remporte le trophée de Joueur de l’année en Angleterre (2016). Une ascension fulgurante pour l’ancien havrais également élu meilleur joueur africain en 2016, deux ans et demi après avoir quitté la Domino’s Ligue 2…