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Coronavirus : sur les réseaux, les clubs en mode débrouille

Publié le 02/04/2020 à 11:50 - AFP

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Sans matchs à faire partager aux supporters, c'est le grand vide sur les réseaux sociaux des clubs de football. Pas question pour autant d'arrêter de publier : place à la débrouille et aux idées nouvelles pour « ne pas rompre le lien » avec les fans.

Suspension des championnats oblige, les responsables de la stratégie digitale, et autres « community managers » en charge de l'animation des réseaux sociaux, voient leur rythme bouleversé. « Contrairement à d'habitude, où l'actualité sportive est toute faite grâce aux résultats, on doit être créatifs et s'adapter », explique Charlotte Calland, assistante communication au Stade de Reims en charge des réseaux.

Partout ou presque en France, les comptes Twitter, Facebook et Instagram des clubs continuent en effet à fonctionner à régime soutenu. « Qu'il n'y ait pas de match ne signifie pas que le lien est rompu entre club et supporters », insiste Laurent Oreggia, directeur des médias de l'OGC Nice. « C'est une période où le lien social et l'entraide sont encore plus importants. » Maintenir une présence continue sur le web relève néanmoins parfois du casse-tête.

« Escape game » et « PacMerlu »

Après plusieurs semaines de réflexion - et d'écriture -, le responsable médias de l’AS Nancy Lorraine Emmanuel Lafrogne a « improvisé » un projet ambitieux qu'il compte bien étaler sur plusieurs jours : un « escape game » virtuel mêlant sur Twitter énigmes, football, interactions et même infrastructure, puisqu'il se déroule dans les entrailles du stade Marcel Picot. « Il y a eu un super retour sur le début, les gens trouvaient cela original. Il faut voir comment cela va avancer et fonctionner », souligne-t-il.

Entre jeux concours, rediffusions de grands matchs, quiz et autres albums de coloriage à imprimer pour les enfants, les initiatives en ligne sont nombreuses. A Lorient, le club a débloqué un budget pour développer de toutes pièces son « PacMerlu », un jeu imaginé sur la base du fameux « Pacman ». « C'est un gros coup dur pour les télétravailleurs », sourit Martin Le Blévec, chargé de développement digital au club breton, qui reçoit des messages « en pleine nuit » d'internautes exténués après avoir joué « une centaine de fois ». « On s'imaginait le supporter confiné chez lui, bien content de trouver un jeu assez simple mais un peu addictif. Cela permet de sortir de l'atmosphère coronavirus », explique-t-il.

Les écuries de Ligue 1 Conforama se sont aussi adaptées à la période. « L'idée est de maintenir le lien social tissé par le football avec la communauté de fans, dans cette période où les contacts sont limités », développe Harry Moyal, directeur général adjoint pour la stratégie et le marketing de l'OL, qui a instauré la gratuité temporaire de la chaîne TV du club et lancé une page web consacrée aux activités ludiques pour les plus jeunes. A Nice, une série de longs formats des matches mémorables des Aiglons est proposée aux fans. « Tout le monde a besoin de ça en ce moment », affirme Laurent Oreggia.

Vitrine

Dans cette période de risque sanitaire, plusieurs acteurs interrogés estiment que les équipes ont aussi un « devoir d'exemplarité ». « Il faut évidemment garder à l'esprit le respect du confinement. Nous continuons de faire des piqûres de rappel », glisse Pierre Farges, le community manager des Girondins de Bordeaux. « Nous avons tous notre rôle à jouer dans la lutte contre cette pandémie », poursuit Harry Moyal, qui a mobilisé les joueurs de Lyon pour rappeler aux fans les mesures de distanciation sociale.

Sur les réseaux sociaux, la situation implique forcément un changement de ton. L'heure n'est pas toujours à l'humour, reconnaît Emmanuel Lafrogne, à Nancy. « On a fait une vidéo assez délirante avant le confinement mais j'hésite à la mettre en ligne, cela fait bizarre », raconte-t-il.

Habitué au télétravail et à la communication à distance, tout ce petit monde représente souvent la vitrine active de clubs largement passés au dispositif d'activité partielle, dans l'attente de la reprise. « Il faut montrer que le club continue, que les sportifs continuent à s'entraîner », insiste Alexis Sandre, le responsable communication de Grenoble.

L'arrêt des entraînements et le confinement ajoutent certes des contraintes, mais « on trouve des astuces narratives, on s'adapte », poursuit Laurent Oreggia (Nice). Les difficultés sont toutefois à venir : « Si le confinement dure, il faudra trouver de nouvelles idées, se renouveler », s'avance Martin Le Blévec. « On est déjà en train de réfléchir ».

Crédit : ASNL