Amine Adli et Rhys Healey (Toulouse FC)
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Toulouse FC : Une reconstruction brique par brique

Publié le 17/12/2020 à 17:25 - AFP

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Un propriétaire américain et un président occitan main dans la main, une équipe jeune mêlant pépites locales et bonnes trouvailles d'Europe du nord : la reconstruction prend forme à Toulouse, quatrième de Ligue 2 BKT après une saison « traumatisante » dans l'élite ponctuée par la relégation.

Le château de cartes prend forme. Le rachat mi-juillet, à 85%, du Toulouse FC par le fonds d'investissement américain RedBird Capital Partners avait pu faire craindre une perte d'identité. Un semestre plus tard, le président Damien Comolli, une pointure du football européen pour avoir occupé les postes de directeur sportif ou de manager général à l’AS Saint-Étienne, Tottenham, Liverpool et Fenerbahçe, est bien installé et relativise le virage anglo-saxon.

 « Je suis passé par l'Angleterre mais je suis né à Béziers, à 160 km d'ici, mon identité occitane est très importante, elle est véridique. Je ne sais pas si on peut parler de mode de management anglo-saxon ; ce que j'amène, c'est mon expérience des clubs de haut niveau », explique-t-il dans un entretien à l'AFP.

Si le patron de RedBird Gerry Cardinale surveille de loin via les conseils d'administration du TFC, Comolli a des « points de passage » hebdomadaires avec les États-Unis. « Le mot qui caractérise la relation des deux côtés de l'Atlantique, c'est la fluidité », se félicite Comolli. « Les processus de décision sont très courts, on ne réfléchit pas pendant trois semaines un mois, on va vite. »

Fin septembre, le déclic

Sur le plan sportif, l'équipe de l'entraîneur Patrice Garande, taillé pour le poste pour avoir hissé puis maintenu Caen dans l'élite (2012-2018), va beaucoup mieux depuis le 26 septembre et sa victoire sur Auxerre (3-1), venue mettre fin à une série « traumatisante » de 23 matchs sans succès, soit presque un an.

« Cela a été un déclic incroyable », se souvient le dirigeant. « Avant cela, il y avait une chape de plomb sur l'ensemble du club (...). La différence que Patrice a faite depuis son arrivée, c'est sur l'aspect mental. »

Arrivés tard pendant le mercato d'été, Comolli et Garande ont jeté leur dévolu sur des joueurs en milieu de carrière. En particulier, un quatuor offensif venu du nord : les milieux néerlandais Branco van den Boomen (25 ans) et Stijn Spierings (24), le Belge Brecht Dejaegere (29) et l'attaquant anglais Rhys Healey (26).

Les Pitchouns brillent

De la brique des plats pays à celle du Midi, le pari est en passe d'être gagné. Avec le patron de la défense, le capitaine norvégien Ruben Gabrielsen (28 ans), les jeunes pousses du club sont bien entourées. « Sur les 31 joueurs du groupe pro, 12 sortent du centre de formation », se félicite Comolli qui veut « les garder le plus longtemps possible ».

Parmi eux, le très jeune (18 ans) Janis Antiste, co-meilleur buteur (5 buts) du club avec Spierings et Healey (5), épate, mais aussi le milieu Amine Adli (20 ans). « Tout l'été, on m'a bassiné : « Vous ne pouvez pas monter avec les jeunes » », se remémore le président.

Ces critiques désormais en sourdine, le TFC ne se met pas la pression avec le retour en Ligue 1 Uber Eats. « Ce ne sera pas un drame absolu, ni une catastrophe économique, ni une catastrophe sportive, si on ne monte pas », assure Comolli, dont la priorité est de consolider les fondations. « Mais on va tout faire pour monter. »