Yohann Thuram (Amiens SC).
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Le long chemin de Yohann Thuram, de Monaco à Amiens

Le long chemin de Yohann Thuram, de Monaco à Amiens

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Publié le 07/02 à 15H11 - avec AFP

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Quatorze ans après son premier match pro sous les couleurs de l’AS Monaco, Yohann Thuram, gardien de l’Amiens SC, a fait du chemin avant de défier son club formateur pour d'émouvantes retrouvailles mardi en quart de finale de la Coupe de France (21h).

Yohann Thuram, le globe-trotteur. Le portier amiénois, cousin de l'ex-défenseur international français Lilian Thuram, a beaucoup bourlingué depuis ses années monégasques et son premier match professionnel à Auxerre le 29 novembre 2008, lorsqu'il était entré en jeu en remplacement de l'Italien Flavio Roma, sorti sur blessure. Il s'est fixé en 2020 en Picardie. Mais avant de retrouver le stade Louis-II mardi soir, il sait ce qu'il doit à l'ASM, où il a évolué deux saisons en équipe première (2008-2010) avant d'enchaîner les clubs : Tours, Troyes, le Standard de Liège (BEL), Charlton Athletic (ENG), Le Havre, Le Mans puis Amiens.

« Refouler cette pelouse aura évidemment une saveur particulière pour moi », ne cache pas le natif de Courcouronnes (Essonne). « J'y ai de bons souvenirs, de bonnes connaissances mais (...) les Monégasques seront des adversaires. » Des adversaires en pleine forme avec seulement une défaite lors de leurs huit derniers matchs (Ligue 1 Uber Eats et Coupe de France confondus). « On jouera notre chance à fond en ayant conscience qu'il y a une demi-finale de Coupe de France au bout et que l'on ne nous donnera rien », fait valoir le gardien.

« Être à la hauteur »

Doublure de l'indéboulonnable Régis Gurtner, Yohann Thuram ne boude pas son plaisir en Coupe de France où l'entraîneur Philippe Hinschberger lui fait confiance. Il a ainsi brillé en 8e de finale en gardant son but inviolé à Nancy (0-2), mais aussi en faisant preuve de caractère face à l'ESA Linas-Montlhéry, club de National 3 (3-3, 3-4 aux tirs au but) en 16e de finale.

« Je ne sais pas si je suis une doublure de luxe, ce qui est sûr, c'est que je donne le maximum à l'entraînement pour aider Régis à être le plus performant et surtout être à la hauteur quand on fait appel à moi. Je savais à quoi m'attendre en venant à l'ASC mais oui, une place de titulaire on y pense, surtout à mon âge... même si je me sens encore jeune ! »

Yohann Thuram a aussi un rôle de grand frère dans une équipe picarde où les jeunes sont nombreux (Formose Mendy, Mathis Lachuer, Owen Gene, Matthéo Xantippe...). « Amiens m'a aussi recruté pour ça, pour transmettre mon expérience, mon vécu. Je ne suis pas le seul dans le vestiaire mais c'est un rôle que j'affectionne énormément. J'ai beaucoup appris avec des anciens, à mon tour d'aider », souligne-t-il.

« Je crois être jugé sur mes actes »

Le joueur n'exclut d'ailleurs pas de se reconvertir dans un rôle d'éducateur sportif ou d'entraîneur après sa carrière. « Pour le moment, je ne me pose pas vraiment la question mais pourquoi pas. J'aime, en tous les cas, ce contact avec les autres », répond-il, alors que son contrat à Amiens prend fin en juin. « Quand le moment sera venu, je discuterai de mon avenir avec la direction du club pour une éventuelle prolongation. S'il y a un projet intéressant qui se présente à l'étranger, je prendrai le temps d'y réfléchir », note-t-il.

Qui dit Thuram, dit évidemment Lilian, son cousin champion du monde, père de Marcus (Mönchengladbach) et Khéphren (Nice). Un patronyme et une histoire familiale qui remplit Yohann de « fierté » mais le gardien amiénois écrit sa propre histoire. « Je n'aime pas trop les comparaisons, affirme-t-il. Je ne pense pas que les jeunes du vestiaire me voient par ce prisme, je crois être jugé sur mes actes et ce que je fais au quotidien. »