Stéphane Diarra (LMFC)
Interview

Stéphane Diarra : «Je suis un feu follet»

Publié le 17/12/2019 à 14:46 - ADS

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Parmi les principaux artisans de la montée du Mans FC en Domino's Ligue 2, le jeune ailier Stéphane Diarra revient sur le début de saison manceau, la montée, Julien Stéphan ou encore Hatem Ben Arfa. Entretien.

Parmi les principaux artisans de la montée du Mans FC en Domino's Ligue 2 au printemps dernier, le virevoltant ailier franco-ivoirien Stéphane Diarra revient sur son début de saison réussi, son parcours qui l'a vu passer par Evian TG et la réserve du Stade Rennais FC sous les ordres de Julien Stéphan mais aussi Hatem Ben Arfa.

Le Mans FC reçoit le PSG pour son 8e de finale de Coupe de la Ligue BKT. Comment as-tu réagi lorsque tu as appris le résultat du tirage au sort ?
J’étais chez moi avec mon coéquipier Youssef Maziz. On regardait le tirage en direct sur Canal et on a sauté de joie ! Ça fait plaisir d’affronter le PSG. Ce n’est pas tous les jours qu’on joue une équipe comme ça. On va savoir ce que l’on vaut. Et j’espérais surtout jouer à domicile, donc c’est super.

Quel sera le plan pour jouer un adversaire comme le PSG ?
Pour les accrocher, il va falloir jouer libéré, prendre du plaisir, sans oublier de défendre. Le PSG est une grande équipe, capable de faire la différence à n’importe quel moment. Pour les embêter et jouer notre carte, il faudra être totalement relâché.

Y a-t-il des joueurs du PSG dont tu t’inspires ?
Je n’ai pas spécialement de modèle parmi les joueurs parisiens même si, bien sûr, j’apprécie Neymar. Mais mon modèle à Paris, c’était Hatem Ben Arfa, peut-être parce que je lui ressemble. J’aime bien son style de jeu, sa capacité à faire la différence. Pour tout vous dire, juste avant ma sieste, tout à l’heure, je regardais encore des vidéos de lui.

« Je fais tout à l'instinct »

Quel regard portes-tu sur le début de saison du Mans FC ?
C’est sûr qu’on n’a pas très bien commencé au niveau des résultats puisqu’on a enchaîné 8 défaites sur les 9 premières journées mais le contenu était plutôt bon. On ne s’est pas affolé car on pouvait s’appuyer sur notre jeu. On a ensuite commencé à gagner des matchs en octobre et novembre. Mais c’est sûr que les débuts ont été difficiles au niveau comptable. On découvrait un nouveau championnat, il fallait un temps d’adaptation.

Qu’est-ce qu’il vous manquait ?
La Domino’s Ligue 2 est très différente du National. Il n’y avait pas de révolution à faire dans notre façon de jouer. C’est juste qu’en Domino’s Ligue 2, la moindre erreur se paie cash. Il faut être plus concentré, plus alerte, tout le match. Dès que tu perds un ballon, ça peut faire occasion pour l’adversaire.

Et es-tu satisfait de ta première moitié de saison d’un point de vue personnel ?
Difficile de dissocier mes performances de celles de l’équipe… Sur le plan statistique, j’en suis à 3 buts et 3 passes décisives toutes compétitions confondues. C’est plutôt bon mais j’aurais pu faire mieux vu les occasions que je me crée. C’est vraiment dans l’efficacité qu’il faut que je passe un cap. Mon rapport buts/occasions n’est pas assez élevé. C’est là-dessus que je dois bosser.

Tu as pourtant déjà marqué autant que sur toute ta saison de National 2018/2019…
C’est parce qu’à l’entraînement, Richard Déziré et son adjoint Stéphane Pichot m’aident beaucoup. Ils me donnent beaucoup de conseils. Par exemple, ils me disent de ne jamais être à l’arrêt au moment de recevoir le ballon. Ce qui peut me permettre de déposer un adversaire sur ma première touche. Vu mon style, je peux faire des différences en étant arrêté mais, en mouvement, je peux faire encore plus mal. Le coach Déziré était déjà très exigeant avec moi la saison passée. Et cette année, on est dans la continuité. Mon jeu change et je pense que je suis en train de passer un palier.

Comment décrirais-tu ton style ?
Je suis un feu follet, un dribbleur. Je ne réfléchis pas, je joue à l’instinct. Quand je dois dribbler un joueur, je ne me dis pas « je vais passer à gauche » ou « je vais passer à droite ». Je fais tout à l’instinct. Mais comme je l’ai dit, il faut encore que je progresse dans l’efficacité et le dernier geste. Ce n’est pas uniquement une question de finition devant le but mais aussi de la façon de servir les autres, en délivrant un centre ou une passe qui permet au coéquipier d’enchaîner sans faire un pas de plus.

Tu as inscrit tes premiers buts en Domino’s Ligue 2 contre l’AC Ajaccio et Benjamin Leroy, qui était ton ancien gardien du côté d’Evian TG…
Quand on est monté en National, il m’a envoyé un message pour me dire qu’il était content qu’on se retrouve bientôt. Mais quand j’ai marqué mes 2 buts contre Ajaccio, je n’ai pas pensé au fait que c’était « Ben » en face (rires). A la fin du match, il m’a félicité et m’a dit de continuer comme ça.

« Tactiquement, Julien Stéphan est incollable »

Peux-tu nous raconter ton parcours ?
Je suis né à Abidjan, en Côte d’Ivoire, avant d’arriver en France avec mon père à l’âge de 6 ans, du côté de Lyon d’abord puis en banlieue, à Bron. J’ai commencé le foot à l’âge de 8 ans à l’AS Cheminots de Saint-Priest puis je suis passé dans un club plus huppé, l’AS Saint-Priest. A mon entrée au collège, j’ai intégré un sport-études puis le centre de formation d’Evian TG à 15 ans. A l’époque, il y avait des détections « ouvertes » où l’on pouvait soumettre sa candidature en ligne. Un soir, j’ai vu passer une annonce sur Google. Je me suis inscrit à 22h et à 23h, j’avais une réponse et un rendez-vous quelques jours plus tard. Je me rappelle d’ailleurs qu’il y avait Pascal Dupraz au bord du terrain lors de la détection. Moi, je ne savais pas qui c’était mais, dès qu’il est arrivé, tout le monde était autour de lui et voulait lui parler. C’est plus tard que j’ai fait sa connaissance.

Tout a très bien commencé avec Evian TG puisque tu as fait tes débuts en Domino’s Ligue 2 en mars 2016, à seulement 17 ans, mais tu as dû attendre un peu plus de trois ans avant de retrouver ce niveau…
Je ne sais pas s’il y a eu un hic quelque part, ce sont les aléas de la vie. Après le dépôt de bilan d’Evian, je suis parti au Stade Rennais lors de l’été 2016. Je jouais en réserve mais je m’entraînais souvent avec les pros. On a été champion avec la réserve. Mais un truc n’a pas marché puisque je n’avais toujours pas eu ma chance alors qu’on était dans les 6 derniers mois de ma 2e année. J’ai voulu tenter ma chance ailleurs.

A Rennes, tu as eu Julien Stéphan pour entraîneur. Comment ça s’est passé avec lui ?
C’est quelqu’un qui sait où il va. En CFA déjà, il était très précis, très pointilleux, dans son discours. Tactiquement, il était incollable. On avait un 4-4-2 parfaitement huilé où chacun savait ce qu’il devait faire offensivement et défensivement. Il étudiait beaucoup nos adversaires et nos matchs se déroulaient souvent très bien car tout était calculé. C’est un bon coach, qui donne de bons conseils, et ça ne me surprend pas qu’il réussisse en Ligue 1 Conforama aujourd’hui. C’était son but et il a tout mis en œuvre pour y arriver. Si j’ai progressé avec lui ? Il m’a fait progresser tactiquement mais là où j’ai le plus appris, c’est à Evian puis au Mans.

Tu faisais partie d’une belle génération au Stade Rennais puisque plusieurs de tes anciens coéquipiers sont aujourd’hui en équipe première. Restes-tu en contact avec eux ?
Oui, avec James Léa-Siliki ou Gerzino Nyamsi, qui m’a encore souhaité mon anniversaire la semaine dernière. On se donne régulièrement des nouvelles, on s’envoie des piques sur les réseaux sociaux.

Quel est le meilleur souvenir de ta jeune carrière ?
J’ai plusieurs bons souvenirs avec Le Mans mais le meilleur reste la double confrontation contre le Gazélec en fin de saison dernière, le barrage d’accession. Quand je revois le but à la dernière minute de Mamadou Soro Nanga (un retourné synonyme de montée sur la pelouse du Gazélec), j’en ai encore des frissons. C’était une super expérience de vivre des matchs avec un tel enjeu.