Arthur Vichot
Interview

Arthur Vichot : «J'aimais bien les grosses frappes de Wilson Oruma»

Publié le 27/03/2020 à 08:31 - ADS

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Entretien avec le puncheur Arthur Vichot autour de son autre passion, le foot. Interview dans laquelle le Doubien aborde ses virées au stade avec Thibaut Pinot ou encore Wilson Oruma.

Redécouvrez l'interview du désormais coureur de l'équipe B & B Hôtels Vital Concept, Arthur Vichot, notamment fan de Wilson Oruma. Ce supporter du FC Sochaux-Montbéliard a été sacré champion de France de cyclisme sur route en 2013 et 2016. Avant de choisir le vélo, le coureur a longtemps pratiqué le football en club. Arthur Vichot profite d'ailleurs de chaque intersaison pour taper dans la balle avec son coéquipier Thibaut Pinot. Entretien.

Comment êtes-vous devenu supporter du FC Sochaux-Montbéliard ?
C’est le club de ma région ! Je suis né dans le Doubs et j’ai toujours grandi avec le FCSM dans le cœur. La première fois que je me suis rendu à Bonal, je n’avais pas encore 10 ans. Je me souviens d'ailleurs que le stade était en rénovation, il n’y avait que deux tribunes. Le FC Sochaux fait partie de l’identité de la région, au même titre que Peugeot, et tous les gens du coin sont derrière le club, même si la situation n'est pas toujours rose ces derniers temps.

Foot en club et tour des stades avec Pinot

D’où vous vient votre passion pour le foot ?
Dans ma famille, on était plutôt vélo mais mes cousins jouaient au foot. A force de taper dans le ballon pendant la récréation, j’y suis venu naturellement et, à 8 ans, j’ai commencé à jouer dans le club de mon village, l’US Colombier-Fontaine. Très grand club, attention (rires) ! J’ai fait un peu tous les postes, ce qui n’est pas très bon signe ! J’ai continué jusqu’à 17-18 ans, moment où je me suis mis au vélo. Je suis passé à autre chose car j’avais choisi le foot pour l’ambiance, les copains, et je ne m’y retrouvais plus. J’avais envie de faire un sport individuel, de me prouver des choses, de relever de nouveaux défis. Mais je continue à jouer de temps en temps.

C’est-à-dire ?
Avec mon coéquipier Thibaut Pinot, on joue avec une équipe de vétérans l’hiver, pendant l’intersaison. On ramène des drapeaux, des deux-mâts, des mégaphones... On passe commande en Pologne. On a même des bâches, comme un vrai club de supporters. On fait notamment appel à un de nos amis qui travaille dans le design. Et avec Thibaut, on va au stade dès qu'on en a l'occasion. Tous les deux, on aime assister à de belles affiches, découvrir de nouvelles enceintes, de grosses ambiances… On a fait beaucoup de stades en France, notamment Geoffroy-Guichard et le Parc des Princes, où ça bouge bien en virages. A l’étranger, on a vu un derby milanais à San Siro, on a fait Dortmund.... Maintenant, on aimerait bien essayer la Grèce ou la Turquie, il faudra voir ce qui est possible par rapport à notre calendrier. Ah oui, j’ai aussi été voir une rencontre de l’Atlético de Madrid l’hiver dernier. Je connais l’oncle des frères Hernandez et grâce à lui, j’ai pu assister à un entraînement en privilégié. C’était vraiment cool de voir une équipe du top mondial de si près. J’ai vraiment été impressionné par le niveau d’exigence physique, on ne se rend pas toujours compte à quel point les joueurs sont des athlètes.

Pour revenir au FCSM, vous avez eu l'occasion de donner le coup d'envoi d'un match au Stade Bonal...
Oui, c’était en 2013, lors de la réception de l’AS Saint-Etienne. Ça m'a donné l'occasion de prendre ma revanche ! Plus jeune, avec mon club, j’avais participé au challenge Wanadoo à la mi-temps d’un match mais je n’avais pas réussi à marquer. Là, donner le coup d’envoi, c’était plus facile pour moi, il n’y avait qu’à faire une petite passe (rires). Ça me rappelle d'ailleurs que j'ai récemment croisé Romain Hamouma, qui vient du même coin que moi. C’était sympa d’échanger avec lui. Le vélo reste un univers assez fermé. On est toujours partis et on mène une vie de moine, ce qui fait qu'on rencontre rarement d'autres sportifs, c'est dommage.

Qu'est-ce qui vous a particulièrement marqué cette saison ?
J’ai été agréablement surpris et enthousiasmé par la campagne de Liverpool en Ligue des champions. Mais historiquement, mon souvenir le plus fort, c’est la finale de la Coupe du monde 2006 perdue par les Bleus. D’ailleurs, j’en ai récemment discuté avec mon coéquipier Benoît Vaugrenard. En 1998, j’étais trop jeune pour en profiter à 100% mais cette séance de tirs au but contre l’Italie… J’étais dégoûté, j’ai rarement vécu autant d’émotions devant ma TV. Enfin, en tant que supporter sochalien, mon meilleur souvenir, c’est la victoire contre le Borussia Dortmund en UEFA Europa League en 2003. On avait gagné 4-0 et j’étais au Stade Bonal ce jour-là. L’ambiance était exceptionnelle. On avait ensuite été éliminé par l’Inter après deux matchs nuls...

Fan de Zidane et Oruma

Y a-t-il un joueur que vous appréciez plus que les autres ?
Comme tout le monde, je vais citer Zidane. C’est le joueur phare pour ma génération, il n’y a pas de débat. Et côté Sochaux, j’aimais bien Wilson Oruma. Aussi bien son style avec ses dreadlocks que sa façon de jouer. Il était rapide, tonique et surtout, il mettait des grosses frappes !

Est-ce que vous parlez beaucoup de football au sein du peloton ?
Il nous arrive d’en parler mais il n’y a pas énormément de cyclistes passionnés par le foot. Quand j’ai regardé le match France – Australie au début de la Coupe du monde par exemple, je me faisais chambrer. Mais chaque hiver, il y a une rencontre entre coureurs professionnels qui est organisée par Vélo Magazine. Je n'ai pas pu prendre part à la dernière édition car j'étais blessé mais j’y ai participé plusieurs fois. La première année, c’était Elie Baup notre entraîneur et la deuxième Jérôme Rothen. J'ai même pu échanger quelques ballons avec lui. Moi qui ai l’habitude de jouer contre des vétérans, ça m’a changé. Pareil pour les infrastructures, jouer sur un super terrain m'a changé du champ de patates du village du coin, près de Besançon !

Et donc, qui sont les coureurs qui se débrouillent le mieux ?
Difficile à dire ! Lors de nos matchs, ça court dans tous les sens mais ce n’est pas toujours ça au niveau de la coordination... Jérôme Pinot a raccroché mais il était parmi ceux qui maîtrisaient. On sentait qu’il avait joué au foot plus jeune. Chez les étrangers, il faut citer l’Espagnol Oscar Pereiro (vainqueur du Tour de France 2006). Il a pris une licence après sa carrière et il jouait à un niveau costaud, dans un club de 3e division il me semble.