Interview

L’effectif du Paris FC présenté par Florian Martin

Publié le 17/11/2020 à 17:45 - NM

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Leader surprise de Ligue 2 BKT après 10 journées, le Paris FC enchaîne les bons résultats avec un collectif rafraîchissant, porté par des révélations et des joueurs retrouvés. Florian Martin, milieu de terrain du PFC, présente avec humour et sincérité ses coéquipiers.

Vincent Demarconnay : « Le dernier rempart. Il a connu une saison compliquée l’année dernière, et il montre qu’il est de retour à son meilleur niveau depuis la reprise. C’est un gardien qui est très agile avec ses pieds. Pour nous, c’est comme un onzième joueur de champ parce qu’on passe beaucoup par lui pour organiser la relance de derrière. Il nous rassure aussi sur sa ligne, à l’image de son arrêt sur penalty contre Caen (9e journée, 3-1). Dans le groupe, sa parole est toujours écoutée mais ce n’est pas quelqu’un qui parle beaucoup. C’est plutôt un exemple dans le travail, il est toujours en salle avant l’entraînement et après, il s’étire, il fait beaucoup de travail supplémentaire. Les jeunes gardiens peuvent s’en inspirer. »

Anthony Maisonnial : « Le plus vieux des jeunes joueurs. Il a 22 ans, mais physiquement, on dirait qu’il a 30 ans. On aime bien le chambrer et l’attaquer notre petit Maiso. Après dans la mentalité, c’est un joueur qui veut apprendre beaucoup de choses et qui a déjà pas mal de connaissances. Il a notamment côtoyé Stéphane Ruffier à Saint-Etienne. Sur sa ligne, c’est un super gardien. Il faut juste qu’il travaille ses sorties aériennes, il le sait, sinon il est complet. Cette année, Vincent (Demarconnay) est devant lui et il vole, donc il sait qu’il est deuxième dans la hiérarchie. Les deux s’entendent et travaillent très bien ensemble. On sait que si un jour Vincent a un petit pépin, ce qui n’est pas à souhaiter, ou qu’il est suspendu, ce ne sera pas un problème car Maiso répondra présent. On a la chance d’avoir deux gardiens de qualité. »

Ousmane Kanté : « Le leader, le patron, le taulier de la défense. À 31 ans, il est international guinéen, ça lui apporte une expérience en plus, il côtoie des joueurs qui évoluent dans des bons championnats. On sent qu’il a de plus en plus d’assurance au fil des matchs. Il fait un gros, gros début de saison. »

« Je l’appelle toujours Justin Gatlin »

Axel Bamba : « La fougue. On va dire que c’est le petit des quartiers parisiens. Il est un peu fougueux mais il est très à l’écoute des plus vieux, c’est ce qui est appréciable chez lui. Il aime qu’on lui donne des conseils, il est très intéressé par son métier. Après, il a une qualité de vitesse énorme et, physiquement, c’est un monstre pour son âge (21 ans). Je l’appelle toujours Justin Gatlin, je trouve qu’ils ont un air de ressemblance. Même s’il joue déjà à un très bon niveau, il a une grosse marge de progression. Je pense que dans quelques années, il jouera à l’échelon supérieur. Dans le vestiaire, il aime bien taquiner les gens et faire le fanfaron mais c’est toujours poli, c’est un gentil garçon. Il est entier, j’adore autant la personne que le joueur. »

Youssoupha N’Diaye : « La joie de vivre. Qu’il joue ou qu’il ne joue pas, qu’il mérite de jouer ou qu’il ne mérite pas de jouer, il a toujours le sourire. Il a des grosses qualités physiques et une très bonne relance pour un défenseur. Parfois, dans son jeu, on a l’impression qu’il est un peu en dilettante, trop sûr de lui, mais il a conscience qu’il doit travailler sur sa concentration dans les matchs. Il a un bel avenir. Youss, même s’il a fait quelques matchs, il sait qu’il doit être patient. La concurrence est saine. Tout le monde tire dans le même sens, c’est primordial dans un groupe. »

Gaëtan Belaud : « Le joueur de devoir. Il ne va jamais avoir 10/10 mais on ne va jamais lui donner 3/10 non plus. C’est un latéral complet de Ligue 2 BKT. C’est ce qui nous a manqué la saison dernière et on voit que ça nous fait le plus grand bien. Il a connu la Ligue 1 Uber Eats avec Brest l’an passé, il nous apporte son expérience et son savoir. Dans son jeu, il est très intelligent, il sait gérer ses efforts, que ce soit à l’entraînement ou en match. Il sait cibler ce qu’il doit faire au quotidien. Même dans le vestiaire, il est très important et nous apporte beaucoup, par son écoute et ses discours. Durant la préparation, on avait fait une séance après un match contre Caen et il nous avait dit : « Regardez, on travaille après le match, eux, ils ne font rien, donc on va être en avance ». Ce sont des petites phrases comme ça, mais elles font réagir et tirent le groupe vers le haut. »

Florent Hanin : « C’est un peu le même discours et le même style que Gaëtan Belaud, c’est son jumeau à gauche. Il a joué l’Europa League avec le Vitória Guimarães et il a une grande expérience du football européen comme il a beaucoup vadrouillé. On le ressent sur le terrain, c’est un joueur très propre, qui a un super pied gauche et qui est très équilibré dans son jeu. Ça nous fait du bien. C’est quelqu’un de réfléchi, il aide beaucoup l’équipe dans ce sens-là et prend la parole comme Gaëtan. De toute façon, il faut mettre les deux dans le même sac, ils sont toujours ensemble dans le vestiaire, on les surnomme Tic et Tac. L’année dernière, on n’avait pas beaucoup de choix au niveau des latéraux et je pense que le coach et Frédéric Hébert (le directeur sportif) ont vraiment trouvé les deux profils qu’il nous fallait. »

Thibault Campanini : « Le Corse. On aime bien l’attaquer sur la Corse. C’est un jeune qui est très à l’écoute de Gaëtan Belaud. Il me dit que Gaëtan l’aide et lui parle beaucoup, et je lui réponds qu’il doit s’en inspirer. Il est jeune (22 ans) et il sera amené à prendre sa succession. Il aime bien aller vers les anciens pour avoir des conseils, qu’on lui partage nos expériences. C’est quelqu’un d’intelligent, il ne veut pas griller les étapes, il sait très bien qu’il est numéro 2 et qu’il devra saisir sa chance. »

Ali Abdi : « Il peut jouer sur les deux côtés, comme latéral ou un cran plus haut. C’est important pour le coach, s’il y a des absents à droite ou à gauche, d’avoir un joueur capable d’évoluer comme arrière droit, arrière gauche, milieu droit et milieu gauche. Il peut aussi nous marquer quelques buts. Il a des grosses qualités de vitesse et d’endurance. Tactiquement, il a encore quelques progrès à faire. En Afrique, c’est tout pour l’attaque et, à son arrivée, c’était un peu compliqué sur le plan défensif. Mais, il a fait l’effort de travailler et d’apprendre beaucoup avec le coach pour gommer ses erreurs. Il fait tout à fond. C’est un compétiteur, il n’aime pas prendre des réflexions. Il faut lui dire les choses et lui expliquer. »

« Pitroipa, c'est un phénomène »

Cyril Mandouki : « Le capitaine exemplaire. Il est toujours irréprochable dans tout ce qu’il fait sur le terrain et, surtout, en dehors. Il ne parle pas beaucoup, il est très discret. Ce n’est pas un leader comme Ousmane Kanté qui va te dire « oui ou merde », il va être moins rentre dedans. Il va mettre les formes et essayer de t’expliquer les choses de manière posée, avec un discours efficace. C’est un capitaine dans l’exemple qu’il est : toujours à l’heure, qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre et travailleur. Les jeunes peuvent s’en inspirer aussi. Il ne lâche rien, il est très intelligent dans son jeu et dans son placement. Tu ne le verras pas faire des passements de jambes, dribbler ou éliminer deux-trois joueurs. Il joue simple : je prends, je donne, je bouge et je redemande. C’est un joueur très complet. Même s’il a prolongé quatre ans (en avril dernier), je pense que la Ligue 1 lui tend les bras. »

Moustapha Name : « Je ne le connaissais pas, c’est vraiment une belle découverte. Il a une grosse envie de jouer, on l’a ressenti dès les premiers matchs. Au milieu, il est très solide, dur sur l’homme, bien que ce ne soit pas un monstre physiquement. Techniquement, il est propre, il n’hésite pas à prendre des risques balle au pied ou dans ses passes et il va beaucoup vers l’avant. Avoir un joueur comme lui au poste de sentinelle, on va dire que c’est rassurant pour une équipe parce que tu dois être à la première relance et souvent au duel. Pour moi, il est très, très solide au milieu. En plus, il vient d’être appelé avec le Sénégal et a déjà joué son premier match (le 11 novembre face à la Guinée-Bissau), donc ce n’est pas un hasard. Il faut avoir des qualités pour être convoqué et jouer avec un joueur comme Sadio Mané. »

Jonathan Pitroipa : « Il retrouve une seconde jeunesse. Le coach a eu le flair en le positionnant en sentinelle quand Moustapha Name était suspendu (4 matchs de suspension). Pit a connu une saison dernière compliquée, à l’image de toute l’équipe, et là, il est épanoui dans son rôle. Il percute, et balle au pied il n’est plus à présenter, c’est un phénomène. Au Stade Rennais, j’ai le souvenir d’un joueur virevoltant sur le côté, chez nous il s’est un peu réinventé pour le faire au milieu de terrain. Cela nous aide beaucoup et nous apporte de la variété avec un registre différent, qu’on n’a pas au milieu. Il était habitué à jouer numéro 10 mais le fait d’avoir le jeu en face de lui, l’aide, lui demande moins de courses vers l’avant et de changements de rythme. Il n’y a pas grand-chose à gommer dans son jeu ces derniers temps. Outre le joueur exceptionnel, c’est quelqu’un d’un peu introverti et qui ne parle pas beaucoup mais il est super agréable et a toujours le sourire. Une super rencontre Pit. »

Lalaina Nomenjanahary : « Le couteau suisse. Laina, il peut jouer partout. Il n’a pas mis les gants mais il a déjà joué latéral gauche, milieu de terrain, sur les côtés… C’est une valeur sûre de notre groupe. Il met aussi l’ambiance en étant toujours en train de chambrer, taquiner et en inventant des choses pour rigoler. Il est capable de nous dire qu’hier, il était au Danemark alors qu’il était chez lui. C’est Laina et sa bonne humeur malgache. Certes, il a 34 ans mais il apporte de la fraîcheur et de la vie. Il a le même état d’esprit que les jeunes de 22-23 ans. Il ne va pas prendre la parole à tout va dans le vestiaire, c’est davantage un leader technique. Les Barrages, le maintien in extremis la saison passée, il a un peu tout connu avec le Paris FC. »

Mario-Jason Kikonda : « Notre cri de guerre. A chaque repas, on crie Kikonda et on tape trois fois sur la table. Il sait très bien que c’est pour lui, moins il rigolera, plus on le fera. On aime bien le charrier, le chambrer tout le temps, lui mettre des petits ponts pendant les toros. Et, il nous le rend bien, il ne prend pas mal les choses. Il nous chambre à son tour, c’est donnant-donnant. Même s’il ne joue pas beaucoup, il travaille et il est irréprochable dans l’état d’esprit. Je pense que le coach voit qu’il est important dans le groupe. On sait très bien que si on a besoin de lui, il répondra présent, comme on a pu le voir face au Havre. »

Saïd Arab : « Le petit joueur de five. Avec lui, c’est football freestyle. Il sait tout faire avec ses pieds, il est très adroit et en plus il est jeune. Il a de l’or dans les pieds, son pied droit, c’est une main. A 20 ans, faire ce qu’il fait… Il a vraiment tout l’avenir devant lui. Il doit simplement se canaliser un petit peu pour être moins fou-fou. Bon après, il est aussi très, très drôle. On rigole beaucoup avec lui, il est toujours en train de sortir des bêtises. Pour l’armistice du 11 novembre, on lui a demandé quelle commémoration c’était et il nous a dit : « C’est la guerre 19-45 ». Il nous sort des choses improbables, c’est génial. Il contribue à la bonne ambiance et à la bonne humeur au sein du groupe. »

Julien Lopez : « Le Marseillais. La folie. Il aime chanter, râler et chambrer. Ses proies favorites, ce sont Kikonda et Maisonnial. Avec Ous’(Kanté), ils sont chauds bouillants sur les deux. Après sur le terrain, comme tous les joueurs qui étaient là la saison dernière, Ju revit. Il fait un gros début de saison, on voit qu’il est en pleine confiance. On ne va pas dire qu’il marche sur l’eau mais presque. Ça nous aide aussi à être performant. Il marque des buts, on joue depuis dix journées et il a presque déjà atteint son record sur une saison de Ligue 2 BKT (5 buts en 2017/18). On doit continuer à l’aider sur cette voie car on a besoin d’un joueur comme lui. »

« Il a un moteur à la place des deux jambes »

Gaëtan Laura : « Un dragster. Il a un moteur à la place des deux jambes. Je le connaissais de nom, comme il a également été formé à Lorient et qu’on a eu un coach en commun. Il m’avait prévenu que c’était un très bon joueur. En effet, il nous apporte beaucoup de profondeur, il va super vite et il provoque. Quand il prend le ballon, il faut s’accrocher derrière, si tu ne t’accroches pas, tu es mort, tu es dans le rétroviseur. Il est capable de tout faire tout seul. Il doit simplement améliorer un peu sa finition, à l’image de ses occasions contre Nancy et Pau. S’il commence à marquer un peu plus de buts, cela va nous faire encore plus de bien. On a vu qu’on pouvait, aussi, gagner sans lui, et c’est important pour le coach d’avoir plusieurs solutions. Je pense que la concurrence va également le pousser à être plus performant et qu’il va marquer ses 15 buts cette saison. C’est sûr. »

Warren Caddy : « Il a su parfaitement combler la blessure de Gaëtan lors des deux derniers matchs. Son profil a bien été ciblé par le staff. C’est un joueur puissant, qui m’a agréablement surpris, je ne le connaissais pas du tout. Il est capable de garder les ballons, de prendre la profondeur et de marquer des buts. Avec son pénalty contre Caen et sa frappe sous la barre contre Dunkerque, on voit qu’il a une grosse frappe et qu’il est en pleine confiance. S’il continue comme ça, c’est parfait. Quand Gaëtan Laura n’est pas là, on sait qu’on peut compter sur Warren Caddy et inversement. Je pense que devant, on est armé pour faire une grosse saison avec ces deux « poulets ». »

Morgan Guilavogui : « Une belle trouvaille aussi de la part du coach et Frédéric Hébert. On l’appelle Guila ou la guibole car, avec ses grandes jambes, il prend tous les ballons dans les toros. Je le compare à Kévin Monnet-Paquet de l’ASSE, que j’ai connu au FC Lorient. Un joueur qui va très vite et qui est adroit avec ses pieds. Je pense que s’il parvient à s’améliorer dans l’efficacité, en matière de buts et de passes décisives, il finira également en Ligue 1. Dans le groupe, il est super gentil et il a toujours la banane. Le staff technique et le directeur sportif ont fait un gros travail sur les personnes qu’ils ont choisies, il y a que des bons gars et des travailleurs. »