Interview

Cédric Fauré : « Brecht Dejaegere est un soldat, je l’adore ! »

Publié le 28/10/2021 à 16:00 - LFP

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Sacré champion et meilleur buteur de Ligue 2 BKT avec le Toulouse FC en 2002/2003, Cédric Fauré évoque son passage au club et le Téfécé actuel, notamment Brecht Dejaegere.

Au Toulouse FC, Cédric Fauré a connu les joies du titre de champion de Ligue 2 BKT en 2002/2003 et de meilleur buteur la même saison. Il a fait partie de l’aventure des « Pitchouns » avant de devenir un joueur historique du championnat avec ses 101 buts inscrits en carrière. Samedi lors de la 14e journée, ce Toulousain de naissance se rendra au Stadium pour assister au match entre ses deux premiers clubs professionnels, le Téfécé et Guingamp. L’occasion d’évoquer avec lui le Téfécé, actuel leader et largement en tête des attaques (30 buts).

Cédric, vous avez annoncé sur votre compte Twitter votre présence au match samedi entre le Toulouse FC et l’EA Guingamp. Un événement suffisamment rare pour le signaler ?
Oui, je n’y vais pas si souvent. J’étais allé les voir lors du premier match la saison passée au Stadium (défaite 1-0 contre Dunkerque). Après, avec le covid, je n’ai pas pu y retourner donc je profite d’être libre ce week-end, d’autant plus que ce sont mes deux premiers clubs pros qui s’affrontent, donc c’est la bonne occasion. Mais j’y vais en toute discrétion, en simple supporter, pour profiter du match.

Retraité des terrains depuis plus de quatre ans, que devenez-vous ?
Je passe mon diplôme d’entraîneur (le B.E.F). J’entraîne une équipe qui s’appelle Tournefeuille, qui joue en Régional 1 dans la région toulousaine. C’est surtout pour apprendre à connaître ce métier et voir si c’est quelque chose qui me plaît, pour voir si j’en ai les qualités. Si je vois que ce n’est pas fait pour moi, j’essayerai de rentrer dans un staff pour m’occuper des attaquants.

« Je marchais sur l’eau lors de ma première saison ! »

Parlons de vos débuts avec le TFC. Comment y êtes-vous arrivé après avoir évolué dans plusieurs clubs de la région comme Muret et Balma ?
J’étais à Balma en CFA (l'ex-National 2) et nous avions disputé un amical face au TFC (en National) où il y avait le directeur sportif du TFC, Gérard Rabier. Il m’avait déjà pris à 18 ans à l’AS Muret donc il me connaissait bien. Il savait que j’avais des qualités. J’avais marqué 17 buts en une demi-saison et comme il leur manquait un attaquant, ils sont venus me chercher.

Et tout s’est rapidement enchaîné pour vous avec beaucoup de buts marqués...
En deux saisons et demie, j’ai mis 41 buts au TFC avec un titre de meilleur buteur de Ligue 2 (20 buts). J’ai eu la chance de marcher sur l’eau cette saison-là. Dès que je tirais, ça allait au fond ! Un an avant de découvrir la Ligue 2, j’étais encore amateur et je travaillais à côté. Quand je suis arrivé à ce niveau, j’étais comme un gosse. Avant le premier match à Istres (victoire 4-0, doublé de Fauré), la première chose que l’on regardait, c'était nos noms floqués dans notre dos sur le maillot ! On ne pensait qu’à les regarder. Nous en étions fiers. On était une bande de Pitchouns... Les grands étaient là pour nous recadrer et nous disaient : « Les gars, c’est sérieux maintenant ». Et avec Erick Mombaerts (l’entraîneur du TFC), j’ai rapidement progressé. Il me parlait beaucoup. Il me montrait aussi des vidéos, pour mieux contrôler les ballons par exemple. Il passait vraiment beaucoup de temps avec les jeunes de l’équipe.

Avez-vous d’autres souvenirs de cette époque des « Pitchouns » ?
Ça fait partie de l’histoire du club cette époque. Nous sommes montés du National à la Ligue 1 alors que personne ne nous attendait. On s’entendait très bien. Nous étions un groupe de potes et traînions toujours ensemble. Notre chance a aussi été d’être entourés de « papas », avec Christophe (Revault), William (Prunier), Stéphane (Lièvre) et Anthony (Bancarel). On avait beaucoup de respect pour eux.

Justement, comment cela se passait avec les cadres de l’équipe ?
C’était simple : on baissait la tête, on ne disait rien et on ne répondait pas ! On les écoutait. Ils transmettaient leur envie de gagner et leur expérience. A l’époque, il n’y a pas un mot, personne ne parlait quand ils nous disaient quelque chose. Forcément, on respectait le fait qu’ils soient restés au club, avec nous. Ils étaient des exemples.

Quelle était votre relation avec l’autre attaquant du club, Anthony Bancarel, de huit ans votre aîné ?
Avec « Antho », il n’y avait pas vraiment de concurrence ou alors elle était vraiment saine. Lorsqu’on rentrait de déplacement, je le déposais chez lui en voiture parce que nous habitions pas loin l’un de l’autre. Je pense que ça montre que l’on s’entendait plutôt bien (rires).

« Onaiwu est une bonne pioche »

Le Toulouse FC dispose actuellement de la meilleure attaque en Ligue 2 BKT. Quel regard portez-vous sur ce début de saison ?
Cette année, le TFC a bien démarré avec Philippe Montanier. Il met des choses en place comme il a pu déjà le faire ailleurs. Je l’avais croisé à Balma lorsqu’il était venu nous entraîner, dans le cadre de sa formation d’entraîneur il me semble. C’est un bon coach, arrivé dans un club ambitieux qui se donne les moyens. Devant, Rhys Healey, c’est un vrai buteur. Il met des très beaux buts d’attaquant, comme son dernier à Paris. Il contrôle et enchaîne vite. Dans sa gestuelle, on voit qu’il sait où il se situe par rapport au but. C’est rapide et efficace. Ensuite, le Japonais (Ado Onaiwu), je pense que c’est une bonne pioche. Ses débuts sont prometteurs. Il va continuer à progresser au club. Les attaquants sont complémentaires avec une qualité face au but sans doute supérieure à celle des attaquants des autres équipes.

Il y a un joueur que vous connaissez particulièrement bien : Brecht Dejaegere…
J’adore ce joueur. J’ai joué contre lui en Belgique, quand j’étais à Charleroi et lui à La Gantoise. Quand il est arrivé à Toulouse, j’ai dit aux supporters : « Lui, c’est bingo ! ». J’étais content de le voir arriver au club. Je me suis dit que c’était le joueur qu’il leur fallait. C’est un soldat, il se bat jusqu’au bout. Maintenant qu'il a pris le brassard, ça lui donne encore plus d’assurance. Il a pris de l’ampleur dans le club et de l’importance dans le groupe. J’espère qu’il va rester longtemps à Toulouse.

A l’occasion de votre retour au Stadium samedi, quels sont vos meilleurs souvenirs de supporter du Téfécé ?
Les premiers noms que me viennent sont Beto Marcico, que tout le monde connaît, mais aussi Alberto Tarantini (au club entre 1984 et 1988) qui était champion du monde (1978). Il était venu dans mon village de Miremont pour voir un tournoi de l’équipe féminine. Quelqu’un de notre club le connaissait et avait pu le faire venir. Il avait passé tout l’après-midi avec nous, en toute simplicité. Je me souviens surtout des photos que l’on avait faites avec lui.