Bilal Boutobba (Niort).
Interview

Bilal Boutobba : « J’avais peur d’avoir le statut d’espoir déchu »

Bilal Boutobba : « J’avais peur d’avoir le statut d’espoir déchu »

Interview
Publié le 30/03 à 10H50 - N. Maître

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Auteur de cinq buts et sept passes décisives cette saison, Bilal Boutobba s’éclate avec les Chamois Niortais en Ligue 2 BKT. A 23 ans, le milieu offensif, formé à l’OM ou encore passé par le FC Séville, passe en revue sa progression depuis son arrivée dans les Deux-Sèvres et revient sans détour sur son début de carrière tumultueux. Entretien.

Bilal, comment expliquez-vous votre épanouissement depuis votre arrivée à Niort la saison passée ?
Avant toute chose, j’ai pris l’option de venir à Niort et en Ligue 2 BKT dans l’optique d’avoir du temps de jeu. Ensuite, j’ai tout de suite ressenti de la confiance, que ce soit de la part du président, du coach ou de l’ensemble du club. Je suis un joueur qui a besoin de ça pour réussir à m’exprimer, à montrer mes qualités et à donner tout ce que j’ai sur le terrain. Grâce à cette confiance que tout le club m’accorde, je me sens bien, je suis très heureux sur et en dehors du terrain. J’aime être ici, c’est le vrai football.

Pouvez-vous nous raconter plus en détail comment cette première saison aux Chamois vous a permis de lancer votre carrière ?
Quand je suis arrivé en août 2020, j’ai dû faire une préparation à part pour me mettre dans le rythme, car la saison avait déjà commencé. Ensuite, j’ai patienté quelques semaines avant d’entrer en jeu pour la première fois face à l’AS Nancy Lorraine, début septembre. Dès le départ, le coach Sébastien Desabre m’avait dit de ne pas me mettre de pression et de simplement exprimer mes qualités, que le club m’avait recruté pour cela. Ça faisait longtemps que je n’avais pas joué mais j’ai réussi à enchaîner au fil des semaines. Je savais qu’il ne fallait pas que je lâche, que je travaille, et que je ne répète pas les erreurs que j’avais pu commettre par le passé. J’ai tout fait pour devenir un joueur important de l’équipe. Pour une première vraie saison en pro, car je n’ai presque pas joué en Ligue 1, elle s’est plutôt bien passée. Grâce au club et au groupe, je me suis senti à l’aise et j’ai enfin réussi à m’exprimer.

L’été dernier, dès la reprise, vous avez récupéré le numéro 10 et affiché votre envie de prendre des responsabilités. D’où vient cette prise de conscience ?
Plusieurs joueurs importants sont partis et j’ai eu un déclic, je me suis dit : « C’est ma saison ». A ce moment-là, j’ai souhaité récupérer le numéro 10. J’ai considéré que c’était à moi de prendre l’équipe en main, pas à moi seul, mais au moins que je devais devenir le leader technique. Après, je ne me mets pas plus de pression parce que j’ai le numéro 10. C’est plus un kif car, depuis que je suis tout petit, j’aime ce numéro-là. Mais cela engage tout de même une responsabilité que j’avais envie d’assumer tout au long de cette saison. Quand tu as ce numéro, on te porte plus d’attention, il ne faut pas faire d’erreur et savoir se montrer au niveau à chaque match. C’est une pression positive qui t’oblige à devoir répondre présent sur le terrain et à ne jamais lâcher le morceau. Pour ma deuxième année au club, cela me semblait logique de prendre plus de responsabilités, de faire plus que la saison passée. Je préfère qu’on place des attentes sur moi que l’inverse. Surtout que lorsqu’on me fait confiance et que je suis heureux, je vais réussir à apporter plus de choses sur le terrain.

« Pour devenir plus professionnel, je le sais, je dois moins bouder »

Désormais, vous êtes beaucoup plus constant au fil des matchs. Sur quels aspects estimez-vous avoir le plus progressé ?
Cette saison, je pense que c’est sur les prises de décision et sur mon efficacité dans les 30 derniers mètres. Je travaille beaucoup la finition à l’entraînement. Je sais que c’est un aspect que je dois encore améliorer. Mais je vois bien que je progresse car, au quotidien, j’arrive à mettre plus de buts que lorsque je suis arrivé. Par exemple, comme je rentre souvent à l’intérieur avec mon pied gauche, j’essaie pendant les entraînements d’aller plus souvent sur mon pied droit et de frapper uniquement avec lui. Il m’arrive également de rester en fin de séance avec l’entraîneur adjoint Jean-Philippe Faure pour travailler mes frappes. Ensuite, comme les joueurs adverses commencent à savoir ce que je fais, j’apprends aussi à varier mon jeu pour avoir une palette plus complète. On me verra toujours dribbler, c’est ma qualité première, mais maintenant, je sais quand il faut vite lâcher le ballon et combiner avec mes partenaires. Cela me permet d’avoir plusieurs solutions pour déstabiliser l’adversaire.

 

Vous avez parlé à plusieurs reprises de la confiance que vous porte Sébastien Desabre. Quel rôle joue-t-il dans votre progression ?
Il est beaucoup, beaucoup derrière moi (rires). Cela m’aide énormément. Je ne peux que le remercier. Il est toujours honnête avec moi et me dit toujours ce qu’il attend de ma part. Par exemple, pour devenir plus professionnel, je le sais, je dois moins bouder. C’est un défaut que je dois corriger. Quand ça va mal à l’entraînement ou en match, j’ai tendance à disparaître un peu. A ce moment-là, le coach ne va pas me lâcher et va m’encourager à continuer. Il va me dire de dézoner et d’aller chercher le ballon pour que je reste dans le match. A l’entraînement, quand je boude, il ne fait que de me recadrer. Je sais que tout ce qu’il fait pour moi me sert, et va me servir pour l’avenir. C’est un entraîneur qui est beaucoup dans l’échange, pas qu’avec moi, avec tout le groupe. Mais il sait aussi être très ferme. Il ne se dit pas : « Bilal, c’est le meilleur passeur de l’équipe, je vais être plus indulgent avec lui ». Au contraire, il va toujours être sur mon dos. Il joue également un rôle important dans l’évolution de mon jeu.

C’est-à-dire ?
En plus de la finition, il m’a beaucoup fait progresser sur le travail défensif. La saison dernière, c’était l’un de mes autres défauts que j’ai dû corriger. Comme il ne rigole pas avec les replis défensifs et les transitions, j’étais obligé de m’améliorer et de passer un cap tactiquement. Honnêtement, avant, je faisais les replis sans vraiment les faire mais, grâce au coach, j’ai compris que ça me portait préjudice de faire ça. Désormais, j’ai conscience de l’importance du rôle que je dois occuper dans l’animation défensive de l’équipe et je sais comment je dois me placer sur le terrain.

Sur le papier, vous êtes aligné sur le côté droit mais, en réalité, vous ne mordez que rarement la ligne de touche ?
C’est encore un aspect sur lequel j’ai évolué depuis mon arrivée ici ! Avant, surtout quand j’étais en centre de formation, je restais toujours collé à la ligne de touche. Maintenant, j’ai appris à dézoner et à rentrer à l’intérieur du jeu. Le coach aime bien que j’occupe un rôle de milieu droit capable de venir jouer numéro 10. C’est quelque chose que je fais beaucoup cette saison. Je m’adapte aussi à l’adversaire. Si l’arrière gauche reste vraiment dans le couloir, je vais essayer, en phase offensive, de jouer un peu plus à l’intérieur pour trouver des zones libres. Dans cette position, je vais plus facilement pouvoir combiner car je vais être plus proche de l’attaquant. C’est pour cela que, parfois, c’est plus important d’être légèrement à l’intérieur que d’être collé à la ligne de touche. Mais, encore une fois, ça dépend de la configuration de l’équipe adverse.

« Je ne fais jamais de passement de jambes ou de roulette »

C’est un rôle qui demande de varier ses appels et de savoir trouver un équilibre entre donner le ballon ou éliminer…
Oui. Le coach me dit souvent que je ne dois pas seulement vouloir le ballon dans les pieds. Il veut que je sois capable de faire des appels en profondeur et d’alterner mes courses. Avant, j’étais un joueur qui voulait tout le temps le ballon dans les pieds. Je n’aimais pas recevoir un ballon aérien ou faire des courses à vide. Comme je me sentais plus rapide avec le ballon que sans, je voulais uniquement jouer sur mes qualités. Mais, c’est comme la finition, c’est quelque chose que je travaille quasiment tout le temps à l’entraînement. Ensuite, en ce qui concerne les prises de décision, avant de recevoir le ballon, je regarde toujours où est positionné mon attaquant. S’il est pris ou qu’il ne me propose pas de solution, j’essaie de trouver mon numéro 10 ou mon latéral. Si aucun des trois n’est disponible, je vais prendre l’option d’éliminer mon adversaire pour pouvoir ensuite trouver une passe entre les lignes. Au vu de mon style de jeu, c’est sûr que je préfère un peu conserver le ballon, mais tout dépend de l’action.

Justement, vous aimez bien provoquer vos adversaires balle aux pieds (Il a réussi 68 dribbles cette saison, au moins 12 de plus que tout autre joueur). Que signifie le dribble pour vous ?
Pour moi, à mon poste, c’est une qualité très importante, et c’est ce qu’on me demande de faire. Après, quand on observe mes dribbles, je ne fais jamais de passement de jambes ou de roulette. Je ne sais pas faire ces gestes. Je ne fais que des crochets courts ou des dribbles de la semelle. Depuis tout petit, je fais toujours les mêmes, et ce sont les meilleurs. Quand on regarde Lionel Messi, il ne fait quasiment jamais de passement de jambes ou de roulette, mais que des crochets courts. Ce sont les gestes les plus efficaces, surtout dans les petits espaces. C’est un registre de dribbles différent de celui de Neymar ou de Ronaldinho par le passé.

Votre registre dépend aussi de votre gabarit…
Oui. C’est pour cette raison que j’essaie d’éliminer un joueur et de tout de suite lâcher le ballon. Je ne vais pas tenter d’effacer trois ou quatre joueurs d’affilée, je sais très bien que je vais me faire rattraper comme je ne suis pas très costaud. Il faut encore que je muscle mon jeu. D’ailleurs, c’est pour ça aussi que je suis heureux à Niort, le club ne s’est pas arrêté à mon déficit de gabarit. Il me laisse exprimer mes qualités de dribbles et ma vision du jeu. Alors que par le passé, on m’a beaucoup chambré sur mon physique, sur le fait que je n’ai pas de mollets, aujourd’hui, j’arrive à m’exprimer en Ligue 2, dans un championnat physique. Je remercierai le club toute ma vie de m’avoir donné cette chance.

Parlons de votre parcours. Comment avez-vous intégré le centre de formation de l’Olympique de Marseille ?
Je jouais à la JSA à Saint-Antoine et mes parents ont reçu une lettre pour que je participe à une détection avec l’OM. J’y suis allé pendant une semaine, j’ai joué avec plusieurs joueurs de ma génération de différents clubs, et j’ai directement été pris. Le club a envoyé un nouveau courrier en disant qu’il voulait me recruter et mes parents ont accepté. Dans la foulée, un recruteur est venu à la maison et on a signé la licence. Donc, je suis arrivé à l’OM à l’âge de 8 ans et j’ai fait toutes mes catégories là-bas.

« Je ne sais pas ce que Marcelo Bielsa pensait réellement de moi »

Quels souvenirs gardez-vous de ces années de formation ?
C’est toute mon enfance. C’était le foot à l’état pur. C’était comme quand on jouait au quartier. On ne regardait pas les contrats et tout ce qui peut entourer le football. On pensait simplement à jouer au foot. Quand j’y pense, ces années-là me manquent. Dès qu’on voyait un ballon, on était les plus heureux au monde. Quand je sortais de l’école, je ne pensais qu’à une chose, c’était d’aller à l’entraînement. Pourtant, c’était une galère, surtout en U13 avant que j’entre au centre de formation, car je devais prendre les transports des quartiers nord jusqu’au stade Le Cesne. A l’époque, mon père était malade et ma mère n'avait pas le permis, donc elle m’accompagnait jusqu’à l’entraînement. Elle m’attendait devant le quartier après l’école et on devait prendre deux bus différents et le métro pour arriver jusqu’au stade. Et il fallait revenir après. C’était compliqué mais, quand j’y repense, ce sont les meilleurs souvenirs que j’ai avec ma mère. En plus, malgré tout ça, j’étais l’un des meilleurs de la génération 98, et même 97. Quand je suis entré dans le centre de formation à 14 ans, les coachs, comme ils connaissaient mon quotidien, ils m’ont beaucoup aidé jusqu’en U19.

Comment avez-vous vécu le fait d’avoir été lancé en Ligue 1 Uber Eats à seulement 16 ans, 3 mois et 15 jours (10e joueur le plus jeune à avoir évolué dans l'élite depuis 1950/1951) ?
Honnêtement, je ne réalise toujours pas. Tout s’est passé très vite. Quand j’ai eu l’opportunité de m’entraîner avec le groupe pro, j’étais insouciant, je ne me posais pas de question. Comme le coach Marcelo Bielsa aimait bien intégrer les jeunes, j’ai eu plusieurs opportunités de me montrer aux entraînements avec le groupe. Je me souviens que certains joueurs de l’équipe première étaient choqués après mes premières séances car j’avais 15 ans. C’était pendant l’été, on avait fait un jeu réduit et je me régalais. A la fin, Mario Lemina et Michy Batshuayi étaient venus me voir et m’avaient demandé mon âge. Quand j’ai répondu que j’avais 15 ans, ils n’en revenaient pas. Je suis rapidement devenu leur chouchou. Ils voyaient que j’aimais trop le foot. Je suis resté avec le groupe pro puis le coach m’a lancé en décembre. Mais, honnêtement, je ne parlais pas beaucoup avec lui. Je ne sais pas ce qu’il pensait réellement de moi. Je sais simplement qu’il aimait bien mon profil, ma capacité de déstabiliser les adversaires.

Vous ne vous dites jamais que c’était peut-être trop tôt ?
Franchement, je ne sais pas… C’est compliqué de répondre à cette question (il marque une pause). Mais oui, parfois, il m’arrive de me dire que c’était peut-être trop tôt. Puis, deux minutes plus tard, je me dis que c’était mon destin. C’est sûr que si j’avais tout cassé par la suite, je ne me serais jamais posé la question et on ne me la poserait pas non plus. Tout le monde aurait dit que c’était le bon moment. Là, comme j’ai rencontré des difficultés, c’est légitime de se la poser. Quand on commence très tôt, soit ça passe, soit ça casse. Mais, honnêtement, je ne regrette pas. J'ai quand même appris beaucoup de choses. Pouvoir porter les couleurs de l’OM, c’est une chance unique. Aujourd’hui, je suis toujours le plus jeune joueur de l’histoire de l’OM, et j’en suis fier. A Niort, dans le vestiaire, on m’a déjà dit : « Bilal, tu es le plus jeune joueur de l’OM, un club historique. Tu t’en rends compte ? » Je trouve ça complétement fou. Je me dis que c’est quelque chose qu’on ne va pas m’enlever pendant encore quelque temps. Surtout vu à l’âge où j’ai joué.

Par la suite, vous ne signez pas pro à l’OM et choisissez de rejoindre le FC Séville, mais vous n’allez pas jouer avec l’équipe première. Que s’est-il passé ?
J’ai eu beaucoup de problèmes extra-sportifs. Quand je suis arrivé, j’ai eu du mal à m’adapter. A l’OM, j’étais dans mon club, je connaissais tout le monde. Là, je me suis retrouvé tout seul et je ne parlais pas la langue. En plus, le football, je pensais que ce ne serait que du tiki-taka. Mais, en réalité, il y avait aussi beaucoup de travail physique. C’est quelque chose que je n’avais pas imaginé avant d’arriver là-bas. Le club voulait que je fasse d’abord mes gammes avec l’équipe réserve, qui était en deuxième division, mais je n’avais pas beaucoup de temps de jeu et je ne l’acceptais pas. Je trouvais que j’étais meilleur que certains qui jouaient à mon poste, donc je ne comprenais pas. Dans ma tête, même si j’avais signé quatre ans, je pensais que j’allais jouer directement. Maintenant, avec le recul, je sais que le club voulait me préparer pour le futur et me lancer au bon moment avec l’équipe première. Mais, à l’époque, je ne l’avais pas perçu de cette manière. Je me comportais comme un enfant : je boudais. Donc, le coach m’a vite mis de côté. Je n’ai pas beaucoup joué la première saison, un peu plus la deuxième, mais j’ai totalement lâché mentalement.

« J’allais totalement griller ma carrière »

Pour quelles raisons ?
Je venais d’être majeur, j’ai commencé à faire le « con », à découvrir le monde extérieur et à sortir le soir. Je n’étais plus du tout concentré sur le foot. C’est pour ça que j’ai décidé de partir. Je ne pouvais plus rester là-bas. J’allais totalement griller ma carrière. Puis, par rapport à mes proches, j’ai eu un déclic, je me suis dit que je devais me ressaisir. Car, eux aussi, ils avaient lâché. Au début, ils venaient tout le temps me voir puis, à la fin de la deuxième saison, je ne les voyais quasiment plus car ils savaient que je n’étais plus dedans. Je voyais que c’était pesant pour mes parents. Ils n’étaient pas heureux comme je ne l’étais pas. Donc, la seule solution, c’était que je résilie mon contrat et que je me reconcentre sur le foot.

Vous faites ensuite le choix de revenir en France, du côté de Montpellier, où vous peinez une nouvelle fois à vous faire une place. Pourquoi ?
Déjà, je fais le choix de revenir en France et je sais que le club me prend pour jouer, dans un premier temps, avec la réserve. Mais ce n’était pas si facile que ça à encaisser. Je passais de la deuxième division espagnole au National 3 (5e division française). J’étais au-dessus du niveau mais je me disais que ce n’était pas grave et qu’il fallait que je continue de travailler, car le club m’avait promis que j’irai avec l’équipe première au bout de six mois. Cela s’est confirmé et Michel Der Zakarian m’a lancé en février face à Reims. Jusqu’ici, tout se passait bien, je continuais d’être dans le groupe les matchs suivants, même si je restais toujours sur le banc. Puis, au fil des entraînements, j’ai compris que mon jeu et mon gabarit ne correspondaient pas au style de l’équipe, qui était dans l’impact physique et les duels aériens. C’est sûr que, moi, je n’allais pas prendre beaucoup de ballons de la tête. Donc, j’ai fini par ne plus être convoqué et j’ai commencé à retourner avec l’équipe réserve.

Vous n’avez pas réussi à inverser la tendance la saison suivante…
Lors de la préparation estivale, on était allé à Washington pour les EA Ligue 1 Games et je m’étais retrouvé à jouer lors d’une opposition à l’entraînement avec une université locale contre mon équipe. Le pire, c’est qu’on a gagné et que j’ai marqué. Sauf qu’à partir de là, j’ai compris que je ne serai pas dans les plans du coach alors qu’avant la reprise, je pensais l’inverse puisque j’avais vécu une première saison d’adaptation. Finalement, j’ai joué quasiment toute la saison avec la réserve, puis je suis arrivé en fin de contrat. C’est dommage car je pense que j’aurais pu apporter quelque chose en entrant en jeu de temps en temps. Mais je suis content d’être passé là-bas. J’ai beaucoup appris au côté de joueurs d’expérience comme Souleymane Camara ou Daniel Congré.

A ce moment-là, avez-vous eu la crainte de tomber aux oubliettes ?
Oui… En plus, c’était en plein Covid, la saison avait été arrêtée prématurément et je me retrouvais sans rien. Je me suis posé des questions sur mon avenir dans le foot. Quand j’ai vu les clubs reprendre, je me suis dit : « Qu’est-ce que je vais faire ? » J’avais peur d’avoir le statut d’espoir déchu. Heureusement, quelques mois plus tôt, j’ai eu la chance de rencontrer un agent à un spectacle de Malik Bentalha. J’ai perçu ça comme un signe du destin et j’ai souhaité travailler avec lui. On a tout de suite eu une très bonne connexion. Donc, dès que j’ai su que Montpellier n’allait pas me conserver, je n’arrêtais pas de l’appeler pour savoir s’il avait trouvé quelque chose. Mais je savais qu’il faisait tout pour et qu’il n’allait pas me lâcher en cours de route. Quand Niort est arrivé, il m’a dit : « C’est le bon club. Certes, tu as connu l’OM, Séville, Montpellier, ce n’est pas la trajectoire que tu avais imaginée, mais c’est le meilleur endroit pour te relancer. » Ma femme a tenu le même discours et j’ai décidé de les écouter. J’ai rencontré Mikaël Hanouna (le directeur sportif) et j’ai décidé de signer. C’était aussi une prise de risque de la part du club de miser sur moi. C’est pour cela que je ne pourrai jamais oublier ce que Niort a fait pour moi.

Pour terminer, même si votre éclosion est plus tardive que ce qu’annonçaient nombre d’observateurs, qu’aspirez-vous pour les années à venir ?
Déjà, je suis moins décisif ces derniers temps, donc je vais essayer de bien terminer la saison. Après, mon objectif personnel, c’est toujours de réussir à jouer un jour dans un grand club. Mais j’ai envie de faire les choses dans l’ordre, j’ai tellement reçu de critiques, entendu que j’étais fini, que je ne veux pas me précipiter. Je compte bien montrer qu’on n’est jamais fini. Si je suis reparti plus bas, c’est pour revenir encore plus fort. Et si j’y arrive, l’histoire sera encore plus belle.

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