Pierre-Yves Hamel (Paris FC).
Interview

Pierre-Yves Hamel : « Avec Lorient, on avait mis trois ans avant de monter »

Pierre-Yves Hamel : « Avec Lorient, on avait mis trois ans avant de monter »

Interview
Publié le 19/07 à 10H44 - N. Maître

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Recrue d’envergure de l’attaque du Paris FC, Pierre-Yves Hamel se livre sur son souhait de s’inscrire dans un nouveau projet après deux saisons moins prolifiques en Ligue 1 Uber Eats, ainsi sur ses besoins pour s’épanouir pleinement. Entretien.

Pierre-Yves Hamel, pouvez-vous nous raconter les coulisses de votre signature au Paris FC ?
J’avais déjà eu des contacts avec le Paris FC l’année dernière. On avait discuté mais j’avais des opportunités en Ligue 1 Uber Eats et j’avais envie d’y rester. Par la suite, malgré une saison où j’ai peu joué à Clermont, le club a continué de me suivre et ça a pesé dans ma décision cet été. Je me suis dit qu’il me connaissait bien. De mon côté, je voulais pouvoir m’inscrire dans un nouveau projet, un projet ambitieux sur plusieurs saisons. C’est ce que m’a proposé le PFC. J’ai envie de contribuer à la montée de ce club en Ligue 1 Uber Eats.

Le fait de pouvoir retrouver un championnat où vous avez brillé a-t-il également joué dans votre choix ?
Complétement ! Je suis monté avec Lorient, je sais ce que c’est de jouer le haut de tableau. Je veux revivre ces émotions puis, par la suite, connaître la Ligue 1 avec le Paris FC. J’avais ce besoin de repartir sur un projet un peu plus global à l’image de celui que j’ai connu à Lorient lors de mes premières années. J’avais envie de faire monter le club, et je pense y avoir fortement participé au vu de mes saisons en Ligue 2 BKT.

Vous êtes très attaché à votre région, la Bretagne. Comment se déroule votre adaptation à la vie parisienne ?
Le cadre de vie est un peu différent (rires). J’essaie de m’adapter mais il va me falloir un peu de temps. Après, ce qui est bien, c’est que je suis déjà plus proche de ma Bretagne que lorsque j’étais à Clermont, donc je peux y retourner plus facilement dès que j’en ai envie.

« Je ne peux pas exister seul »

L’entraîneur Thierry Laurey vous a-t-il dit comment il souhaite vous utiliser ?
Il connaît mon profil de renard des surfaces, de joueur de finition. Je sais que c’est sur cette capacité à conclure les actions que le coach m’attend cette saison. Pour cela, il faut d’abord que je trouve des automatismes avec les joueurs qui m’entourent, puis les buts viendront naturellement.

Qu’est-ce qu’un entraîneur doit vous apporter au quotidien pour que vous vous sentiez épanoui ?
La première chose dont j’ai besoin, c’est, comme beaucoup de joueurs, de ressentir de la confiance. Il faut que je sente qu’on compte sur moi. Si c’est le cas, je vais tout donner pour le club et pour l’équipe. J’aime pouvoir avoir des échanges fluides, construire une relation et être écouté. Ensuite, il faut un projet de jeu cohérent, des consignes claires et de l’exigence.

Justement, est-ce la recette pour retrouver un grand Pierre-Yves Hamel ?
En partie ! Il me faut aussi un collectif fort, un collectif qui fonctionne. Je suis un attaquant qui a besoin d’être servi dans la surface. Je ne peux pas exister seul. Je ne suis pas un joueur qui va dribbler deux ou trois joueurs avant de conclure. D’ailleurs, j’ai marqué la plupart de mes buts dans la surface (38 sur ses 43 buts en pro). Je suis un attaquant qui est là pour finir le travail collectif de son équipe.

Comment expliquez-vous le fait que vous n’ayez pas réussi à vous montrer plus décisif dans l’élite ?
Lors du retour de Lorient en Ligue 1, les six premiers mois, j’ai été décisif. En seulement sept titularisations avant la trêve hivernale, j’ai marqué quatre buts et délivré deux passes décisives. Après, je n’ai quasiment plus eu de temps de jeu, donc dans ce cas-là, c’est difficile de s’illustrer. J’ai dû jouer 90 minutes (74 en Ligue 1) lors de la phase retour… Je rentrais cinq ou dix minutes par match, ça ne me laissait pas beaucoup de temps pour me montrer. Je n’ai pas le profil pour être un supersub. La saison dernière à Clermont, c’était pareil, j’ai disputé entre 500 et 600 minutes (516) au total. Je jouais des bouts de matchs par ci, par là.

« J’attends avec impatience de retrouver le chemin des filets »

Vous n’avez été titularisé qu’à six reprises par Pascal Gastien…
Les seules fois où j’ai débuté dans le onze, on jouait des équipes de niveau Ligue des champions : Paris, Marseille, Monaco… Quand tu joues un match tous les mois, forcément, tu manques de rythme et c’est plus difficile de s’exprimer, surtout face à ces équipes-là. Pour que je sois bon, il faut que j’aie du rythme, des jambes. Quand tu te retrouves face à des joueurs qui sont affûtés, qui jouent tous les week-ends et qui enchaînent les matchs de haut niveau, ce n’est pas possible de réussir à pleinement s’exprimer en jouant de manière si irrégulière. Et, comme je l’ai dit, je suis un joueur de finition, j’ai besoin d’avoir des situations devant le but pour marquer. Donc, c’est sûr que contre les équipes que j’ai citées précédemment, je n’ai pas eu beaucoup de ballons à exploiter.

Vous n’avez pas marqué lors de la saison écoulée à Clermont. Comment l’avez-vous vécu ?
Je le dis souvent : dans le football, tout va très vite, et dans les deux sens. Quand j’étais un peu en haut avec Lorient et que tout se passait bien, je savais très bien qu’il y aurait des moments plus difficiles. C’est ce que je vis depuis un an et demi. Quand on est attaquant, on vit pour le but, donc, forcément, c’est une période où on cogite, où on attend que ça vienne. Plus le temps passe, plus j’espère qu’on se rapproche du dénouement, sinon ça voudrait dire que je ne marquerais plus jusqu’à la fin de ma carrière (rires). Je vais tout faire pour que des moments plus prolifiques reviennent. On va dire que j’attends avec impatience de retrouver le chemin des filets, après il ne faut pas que ça devienne obsessionnel. Une fois que ça le devient, on déjoue et on fait l’inverse de ce qu’il faut faire pour retrouver la confiance. Il faut que ça reste quelque chose de naturel.

Est-ce pour retrouver cette confiance que vous vous êtes engagé si tôt avec le Paris FC ?
L’année dernière, j’avais signé en septembre à Clermont. Une semaine après, je joue à Paris, j’en prends quatre, dix jours après, je joue à Rennes, j’en prends six… Autant vous dire que pour des débuts, c’était un peu compliqué. En plus de démarrer la saison avec du retard physiquement, tu prends un coup mentalement alors que tu viens à peine de découvrir l’équipe. Tu te dis que c’est mal parti, tu perds directement de la confiance, alors que c’est déjà compliqué quand tu joues un rôle de doublure. C’est pour ça que je voulais vite trouver un club pour pouvoir passer à autre chose et me projeter.

« La montée ? Il faudra être constant tout au long de la saison »

Votre parcours vous permet-il de relativiser plus rapidement sur cette période plus difficile ?
Forcément ! Après la fin de mon contrat au Stade Rennais (2015), je suis allé à l’US Avranches (National) et ça s’est très mal passé (il a résilié son contrat au bout de cinq mois). Tout le monde pensait que ma carrière était terminée. Finalement, je suis arrivé au chômage à Lorient pour m’entraîner avec la réserve, puis j’ai été le meilleur buteur du club pendant deux ans en Ligue 2 (10 buts en 2017/18 et 19 en 2018/19) et je suis monté en Ligue 1. Donc, dans le foot, s’il y a bien une chose que je sais, c’est qu’il faut être résilient. Il y a des moments difficiles, il faut s’accrocher, mais le travail finit par payer.

Quels sont vos objectifs pour cette saison ?
Je n’ai jamais parlé d’un nombre de buts car ça ne dépend pas que de moi. Même lors de ma saison 2018/19, je ne m’étais pas fixé d’objectif à atteindre car j’ai toujours envie de mettre plus de buts. Ce serait dommage de se limiter quand on est prolifique. Et, à l’inverse, quand on ne l’est pas, ça ne veut pas dire que tout est mauvais. Le plus important, c’est que je sois décisif pour l’équipe et qu’on arrive à atteindre notre objectif.

Le Paris FC se rapproche chaque saison d’une montée à l’étage supérieur. Avez-vous commencé à partager la recette avec vos nouveaux coéquipiers ? 
Si le PFC continue de se développer, c’est que le club est résilient pour atteindre cet objectif. Avec Lorient, on avait mis trois ans avant de monter, alors que c’était l’objectif dès la première saison. Il faut savoir être patient. Il y a beaucoup de clubs qui sont au coude-à-coude chaque année, et ça risque d’être d’autant plus le cas cette saison avec seulement deux montées sans Play-offs. On ne sera pas les seuls à avoir cet objectif. Ce que je peux dire, c’est qu’il faut avoir de la continuité, de la régularité et surtout éviter les trous. Il faudra être constant tout au long de la saison. On aura besoin de tout le groupe et d’une forte cohésion au sein de celui-ci.

(Crédit : Paris FC)