Alexandre Bonnet (Quevilly Rouen).
Interview

Alexandre Bonnet : « Jouer jusqu’à 40 ans ? Pourquoi pas »

Alexandre Bonnet : « Jouer jusqu’à 40 ans ? Pourquoi pas »

Interview
Publié le 12/08 à 14H41 - N. Maître

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Joueur actuellement le plus capé de Ligue 2 BKT (472 matchs), Alexandre Bonnet revient sur son arrivée à Quevilly Rouen et évoque, à 35 ans, sa passion toujours intacte du ballon rond. Entretien.

Après avoir passé treize saisons sous les couleurs du Havre, vous avez rejoint Quevilly Rouen en juin dernier. Ça a dû vous faire bizarre d’enfiler un autre maillot ?
C’est sûr que c’était un gros changement pour moi de quitter le Havre, mais je ne me suis pas trop posé de questions. J’essaie de m’intégrer le plus rapidement possible à ce nouvel environnement, aux infrastructures et au sein de mes nouveaux partenaires pour être performant et apporter un plus à l’équipe.

Avec désormais un peu de recul, avez-vous conscience d’avoir écrit une histoire quelque peu singulière à l’échelle du foot sous les couleurs du HAC ?
C’est vrai que c’est de plus en plus rare de voir un joueur rester aussi longtemps dans un club. Treize ans, c’est long. C’est une grande partie de ma vie, de ma carrière, donc ça restera toujours un passage très important dans mon histoire. J’ai connu des moments magnifiques et d’autres plus difficiles, mais je suis fier d’avoir pu jouer aussi longtemps au Havre. Je suis très content d’avoir pu porter le maillot du club pendant tant d’années.

Quand le HAC vous a signifié que vous ne seriez pas prolongé. Avez-vous envisagé de raccrocher les crampons ?
Jamais ! Ce n’est vraiment pas une question qui m’a traversé l’esprit. Peu importe la décision que le HAC allait prendre à mon égard, dans ma tête, c’était clair depuis des mois : je souhaitais poursuivre ma carrière.

« Le foot ? Je n’arrive pas à m’en passer »

Qu’est-ce qui vous motive au quotidien pour avoir décidé de continuer à évoluer en Ligue 2 BKT ?
Déjà, j’aime ce métier. J’aime le foot. C’est ma passion et, à l’heure actuelle, je n’arrive pas à m’en passer. A partir du moment où j’ai la chance d’être bien physiquement, d’être affûté et de pouvoir encore m’entraîner sans problème au haut niveau, je ne vois pas pourquoi je ne continuerais pas à en profiter. Puis, mentalement, je me sens bien. Je suis heureux tous les matins d’aller à l’entraînement. J’aime découvrir des nouveaux joueurs chaque saison, ça me motive. Tant que la passion et la motivation restent intactes, il n’y a aucune raison de raccrocher.

Vous n’éprouvez jamais de lassitude ?
Aucune, au contraire. Je suis toujours très impatient de retrouver les terrains. J’estime qu’à tout âge on peut encore apprendre et prendre du plaisir. En l’occurrence, c’est mon cas, donc autant que je croque dedans un maximum.

Vous voir sur un terrain jusqu’à 40 ans, c’est possible ?
Pourquoi pas (rires). A l’heure actuelle, je ne me fixe pas de limite. On verra au fur et à mesure des années.

« Mon entretien avec Olivier Échouafni m’a convaincu et séduit »

Pour revenir à votre arrivée à Quevilly Rouen, le fait de pouvoir rester dans la même région a dû peser ?
Ça a été un élément important, comme d’autres. Principalement, c’est mon entretien avec Olivier Échouafni qui m’a convaincu et séduit. Le coach a vu mon expérience et mon âge comme des atouts pour le groupe. C’est quelque chose qui était très flatteur et très important pour moi. De plus, ma priorité, c’était de pouvoir continuer à évoluer dans ce championnat de Ligue 2 BKT. Mais c’est sûr que l’aspect géographique a aussi pesé dans la balance, étant donné que ma famille et moi sommes en Normandie depuis 13 ans. On n’a pas eu besoin de déménager. 

Vous portez le brassard de capitaine et avez choisi le numéro 10. C’était une volonté de votre part de prendre des responsabilités ?
Habituellement, je porte le numéro 17, mais il était déjà pris par Gustavo Sangaré quand je suis arrivé, donc j’ai opté pour le numéro 10. C’est un numéro que j’apprécie également. Après, c’est le coach qui m’a donné des responsabilités du fait de mon expérience. De toute façon, que j’ai le brassard ou pas, je suis aussi venu pour apporter mon vécu au groupe, mon professionnalisme et mon exigence dans le travail au quotidien. Ça ne reste qu’un morceau de tissu. Mais, certes, c’est une marque de confiance que m’accorde le coach et je vais faire en sorte de lui rendre de la meilleure des manières.

Avez-vous eu la sensation de devoir refaire vos preuves ?
Bien sûr que cela a été une remise en question. Mais cette remise en question, même pendant 13 ans au Havre, était déjà perpétuelle. Chaque saison, c’est un recommencement. Etant donné qu’il y a toujours des changements dans un effectif, il faut sans cesse prouver. Dans tous les clubs il y a de la concurrence, il faut toujours être le plus performant possible pour gagner sa place. Qu’on reste 13 ans dans un club ou qu’on arrive, il n’y a jamais rien d’acquis.

« Transmettre tout ce que j’ai pu apprendre au cours de ma carrière »

Qu’est-ce que le coach Olivier Échouafni attend de votre apport ?
Je suis là pour aider l’équipe dans la gestion des matchs car c’est un championnat que je connais bien. Il m’arrive également de donner mon ressenti sur certaines actions ou certaines mises en place à l’entraînement. On va dire que j’apporte un petit peu mon œil. Le groupe est jeune, on a pas mal de joueurs prêtés, des jeunes joueurs talentueux, mais qui découvrent pour certains la Ligue 2 BKT. Donc, mon rôle, en tant que l’un des joueurs les plus âgés de l’effectif, c’est de transmettre tout ce que j’ai pu apprendre au cours de ma carrière et de les accompagner.

Comment percevez-vous le fait d’être entraîné par un ancien joueur contre lequel vous avez joué en Ligue 1 Uber Eats ?
C’est vrai que c’est assez rigolo. Je l’ai découvert il y a peu de temps, c’est une belle preuve de longévité. Maintenant, ça ne change pas grand-chose, ça reste mon entraîneur. C’est lui qui a les clés du club et qui est là pour nous montrer la voie.

En quoi votre expérience va être précieuse dans cette saison avec quatre descentes ?
Justement, je sais pertinemment qu’une saison, c’est très long. On aura des moments forts et d’autres plus difficiles, il ne faudra pas paniquer. Ce n’est jamais tout rose. Quand on sera dans une bonne dynamique, il ne faudra pas s’enflammer. A l’inverse, quand on sera moins bien, il faudra savoir relâcher la pression. Ce sera également important que le groupe reste soudé et derrière le projet que le coach met en place. Je veillerai à cela pour qu’on puisse réaliser une belle saison.

« Le niveau de la Ligue 2 BKT a augmenté »

Quevilly Rouen a connu beaucoup de mouvements cet été. Comment analysez-vous l’effectif du club ?
Il y a eu énormément de départs, donc il fallait forcément reconstruire. Je trouve que le club, avec les moyens dont il dispose, a réalisé un recrutement très intelligent. Le fait de concevoir un groupe avec des joueurs âgés, des jeunes et d’essayer d’en tirer le meilleur, c’est très intéressant et excitant. Il faut encore apprendre à se connaître et à créer plus d’automatismes, mais c’est prometteur. Il y a des joueurs talentueux. Il faut simplement qu’on arrive à trouver la bonne formule. Et, bien évidemment, une première victoire nous ferait le plus grand bien et nous permettrait de nous lancer.

La Ligue 2 BKT a récupéré des clubs de renom comme l’AS Saint-Etienne ou les Girondins de Bordeaux. Quel regard portez-vous sur le championnat ?
Depuis plusieurs saisons déjà le niveau de la Ligue 2 BKT a augmenté. C’est un championnat qui est vraiment très intéressant et de plus en plus suivi. On voit de plus en plus de bons joueurs, des joueurs qui émergent, d’autres qui signent dans des gros clubs après. Le championnat est attrayant. C’est vrai que ça passe aussi, malheureusement pour eux, par les descentes de clubs de renom qui donnent ensuite de la visibilité. Cela crée des matchs de gala. Tous les joueurs ont envie de jouer des rencontres avec un maximum d’adrénaline et un peu de pression, comme celui face à Saint-Etienne, lundi. Ce sont des matchs de prestige où on veut aussi montrer une belle image de notre équipe et de notre club.

Si vous jouez encore 28 matchs de championnat cette saison, vous allez atteindre la barre des 500 apparitions en Ligue 2 BKT. Est-ce un objectif que vous vous êtes fixé ?
Pas du tout (rires) ! Honnêtement, je ne connaissais même pas cette statistique. Ce n’est pas le genre d’objectif que je me fixe. Mais, c’est vrai, la barre n’est pas si loin. Ce serait symboliquement magnifique de pouvoir l’atteindre cette saison.