Mathieu Debuchy (Valenciennes FC).
Interview

Mathieu Debuchy : « A mon âge, il faut savoir changer »

Mathieu Debuchy : « A mon âge, il faut savoir changer »

Interview
Publié le 02/11 à 15:47 - NM

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Nommé capitaine du Valenciennes FC cette saison, Mathieu Debuchy se confie sur la méthode Nicolas Rabuel, son rôle auprès des jeunes ou son repositionnement au poste de défenseur central.

Après 13 journées de Ligue 2 BKT, Valenciennes est 6e, à seulement 4 points du Havre AC, 2e. Vous attendiez-vous à réussir un tel début de saison ?
Pour être honnête, non. Tout d’abord, à l’intersaison, on a connu un renouveau avec l’arrivée de Nicolas Rabuel. Ensuite, on avait aussi envie de prendre une revanche par rapport à la saison dernière qui ne s’était pas bien passée. On avait à cœur de très bien entamer le championnat, notamment jusqu’à la trêve de la Coupe du monde. Et, pour l’instant, c’est ce qui se passe. On met tout en œuvre pour y arriver et on est plutôt satisfait de notre début de saison.

Vous avez évoqué votre entraîneur, Nicolas Rabuel. Pouvez-vous nous parler de sa méthode ?
C’est quelqu’un qui sait où il va. Le groupe a tout de suite bien accroché avec ses méthodes de travail. Il est franc, direct avec les joueurs, mais il sait en même temps être dans l’échange. C’est quelque chose de très appréciable. Il est proche de son groupe et s’appuie sur un staff élargi qui est également beaucoup dans l’échange. On travaille tous ensemble main dans la main, dans la même direction, c’est ça qui est important.

Quelles sont les idées sur lesquelles il insiste ?
La possession de balle ! Il veut tout simplement qu’on joue. C’est un entraîneur qui aime avoir le ballon, donc on essaie de progresser dans ce domaine, de s’améliorer dans les phases de conservation. On travaille beaucoup cet aspect-là, car essayer de repartir balle au pied, ce n’est pas ce qu’on faisait par le passé. Dès les premières séances d’entraînement, on a tout de suite travaillé avec le ballon. C’était le mot d’ordre. Aujourd’hui, ça se ressent à travers nos matchs où on peut voir qu’on essaie de plus en plus d’avoir la possession. On ne peut pas y parvenir tous les week-ends, mais on met cela en œuvre petit à petit, même si on doit encore s’améliorer sur différents aspects.

Lesquels ?
Premièrement, on doit encore s’améliorer sur l’utilisation du ballon. Ensuite, on doit progresser dans la finition et dans les 30 derniers mètres, où il nous manque de temps en temps de l’efficacité, notamment dans la dernière passe.

« Je discute beaucoup avec les jeunes »

Vous faites également partie du groupe des sages de Nicolas Rabuel. Sur quels points le coach vous consulte ?
On discute un peu de tout. On peut parler des défis qu’on se fixe durant la saison, des voyages d’avant-match, des mises au vert, des jours de repos… Cela permet au coach d’échanger avec certains joueurs pour prendre la température avec le vestiaire et d’avoir des relais.

L’équipe a, semble-t-il, trouvé un équilibre parfait entre joueurs d’expérience et jeunes prometteurs…
Oui, l’équipe a été construite de cette manière depuis la préparation. On a d’un côté des joueurs plus anciens - je ne veux pas dire vieux car je n’aime pas ce mot – avec pas mal d’expérience, puis des jeunes qui sont pour la plupart issus du centre de formation. C’est vrai que cela a plutôt bien pris et créé un ensemble homogène qui tourne bien.

Du haut de vos 37 ans, quel est justement votre rôle auprès de tous les jeunes de l’effectif ?
Je suis disponible pour tous les jeunes : ceux qui veulent discuter et ceux qui sont demandeurs de conseils. Je suis aussi là pour les encadrer au quotidien. Bien sûr, mon premier rôle, c’est de faire mon boulot sur le terrain et à l’entraînement, mais c’est vrai que j’ai aussi ce rôle auprès du groupe, d’apporter mon expérience et d’être à l’écoute de chaque demande.

Les jeunes vous sollicitent-ils régulièrement ?
Oui. Cela peut être à l’entraînement, à l’échauffement ou même au cours d’un match. Je peux échanger avec certains sur la façon d’aborder les matchs, avec d’autres sur les placements ou sur diverses choses qui peuvent se produire durant la semaine. Ce sont des jeunes qui ont du talent, mais qui sont également à l’écoute, c’est pour cela qu’on a réussi à créer un bon groupe. Forcément, ils doivent encore progresser et apprendre, mais ils ont la bonne mentalité. C’est le plus important.

« J’ai envie de me stabiliser dans l’axe »

Vous semblez tenir ce rôle de manière naturelle…
Oui. Sans forcément qu’ils aient besoin de me questionner, je vais beaucoup discuter avec eux. Je peux, de manière spontanée, faire une remarque à l’un d’entre eux sur la façon dont il faut se placer dans certaines situations ou sur ce qui aurait dû être fait pour ne pas perdre le ballon. C’est de l’instantané en fonction des situations.

Quels jeunes vous impressionnent le plus ?
Je ne veux pas en ressortir un car tous les jeunes qui sont montés en équipe première ont un certain talent. Il y en a simplement qui sont un peu plus en avance que d’autres. Je pense, par exemple, à Ilyes Hamache ou Mohamed Kaba, qui ont joué beaucoup de matchs depuis la saison passée. Forcément, ils sont en avance et ont beaucoup de talent. Mais il y en a d’autres dans notre effectif qui ont ce talent. Ils mettent peut-être un peu plus de temps à émerger, mais on a vraiment des jeunes avec beaucoup de qualités qui vont monter petit à petit.

Vous évoluez désormais en défense centrale après avoir joué de nombreuses saisons au poste de latéral droit. Quels changements ça implique dans votre jeu ?
C’est un poste totalement différent. On est derrière, on a une vision périphérique de toute l’équipe. Les efforts sont moins intenses, mais il faut faire preuve de davantage de vigilance car on est l’avant-dernier rempart en étant plein axe. C’est un poste auquel j’avais très peu évolué jusque là dans ma carrière, donc, même à mon âge, il a fallu trouver des automatismes. Après, c’est moi qui souhaitais à un moment donné me repositionner dans l’axe, et j’en suis satisfait.

C’est un poste où il faut davantage guider l’équipe…
Oui. C’est un poste où il est important de communiquer avec ses partenaires. En plus, en tant que capitaine et avec mon expérience, je me dois de savoir tenir ce rôle. Il faut savoir aider ses coéquipiers à gérer les espaces, notamment entre les lignes, mais aussi savoir gérer les joueurs qui se placent dans le dos de nos milieux défensifs et également communiquer avec son latéral. C’est vraiment un poste où il faut être d’autant plus vigilant.

« Tant que j’ai cette flamme et que mon corps suit, je n’ai pas envie de dire stop  »

Au vu des courses que le poste de latéral implique, les chances de vous revoir à ce poste se font-elles de plus en plus rares ?
Oui… Après, s’il faut dépanner, comme je l’ai dit au coach, pourquoi pas. Mais j’ai cette envie de me stabiliser dans l’axe pour découvrir autre chose. Du fait de mon âge aussi, il faut savoir évoluer et changer. Le poste de latéral demande de plus en plus de sollicitations au niveau physique, donc place à d’autres joueurs (rires). C’est mieux d’avoir des joueurs un peu plus vifs et avec un peu plus de jambes à ce poste-là.

Vous êtes le quatrième joueur le plus âgé de Ligue 2 BKT cette saison. Qu’est-ce qui vous motive encore au quotidien ?
Ma passion du ballon est toujours là. C’est celle qui m’anime depuis mon enfance. Quand j’ai eu l’opportunité de revenir dans la région et de signer à Valenciennes, après beaucoup de discussions avec le président, j’ai trouvé un club structuré. Aujourd’hui, j’ai toujours l’envie de continuer à jouer au ballon et de prendre du plaisir. Le plaisir, c’est ce qui m’amine au quotidien.

Vous n’éprouvez pas de lassitude ?
Non, pas du tout ! J’ai toujours cette adrénaline qui est importante pour un sportif en moi. Je garde cette envie d’aller à l’entraînement, de jouer des matchs… Donc, tant que j’ai cette flamme et que mon corps suit, je n’ai pas envie de dire stop. Après, je ne sais pas jusqu’à quel âge je vais continuer. Je vais arriver en fin de contrat, donc il y aura une réflexion comme chaque année puis je déciderai tranquillement.

Vous avez déjà une idée précise de votre avenir, une fois que les crampons seront raccrochés ?
Forcément, je resterai dans le milieu du foot. J'ai envie de découvrir certaines choses. La formation des jeunes m’attire mais je n’ai pas encore une idée fixe. Je reste ouvert, je regarde, j’écoute, puis je prendrai une décision en temps voulu par rapport à ça. Si ce n’est pas dans la formation, ça peut être dans le recrutement ou un à poste un peu plus éloigné du terrain. Coach ? Pourquoi pas. Honnêtement, je n’ai pas encore fait mon choix.