Olivier Dall'Oglio (ASSE).
Interview

Olivier Dall'Oglio : « La pression est sur le FC Metz »

Olivier Dall'Oglio : « La pression est sur le FC Metz »

Interview
Publié le 28/05 à 17:51 - NM

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Adversaire du FC Metz à l’occasion des Barrages de Ligue 1 Uber Eats, l’AS Saint-Etienne a encore une possibilité de retrouver l’élite du football français. L’entraîneur des Verts Olivier Dall'Oglio se livre avant cette double confrontation.

Votre équipe semblait impactée à l’issue des deux dernières rencontres de la saison. Comment avez-vous réussi à la remobiliser pour le match de Play-off face au Rodez AF ?
C’est sûr qu’on a été un petit peu déçu par rapport à la finalité du championnat. On était revenu de loin. Vous connaissez l’histoire de notre saison… Il a fallu deux-trois jours pour récupérer mentalement de cette période, puis on est à nouveau entré en discussion avec le groupe, de manière collective et individuelle. Il fallait apporter du positif et se remobiliser sur notre objectif : les Barrages. Mais les garçons ont bien réagi, on l’a vu sur le dernier match !

Vous êtes donc encore en course pour monter en Ligue 1 Uber Eats. Comment analysez-vous l’équipe du FC Metz ?
C’est une équipe solide, assez athlétique, avec des garçons qui vont très vite, et un garçon qui est au-dessus du lot, Georges Mikautadze. Il est capable, à tout moment, de déstabiliser n’importe quelle défense. On l’a vu sur le dernier match contre le PSG, même face à ce type d’adversaire, c’est un joueur de haut niveau. Metz est une équipe solide. Elle a la capacité de repartir très vite en transition dès la récupération du ballon.

Cette opposition va se dérouler, cette fois, sous forme de match aller-retour. Qu’est-ce que cela modifie dans votre préparation ?
Ça ne change pas grand-chose dans l’approche. C’est surtout la récupération qui va être importante car le deuxième match est très proche du premier. Il va falloir récupérer physiquement et mentalement. Après, on joue une Ligue 1, on est une Ligue 2, on sait que le FC Metz est favori. On sait qu’ils ont la capacité de pouvoir nous renverser. On jouera avec nos atouts du moment : l’enthousiasme, le soutien du public sur le premier match et notre capacité à se créer des actions. On va s’appuyer sur tout cela !

« On va se focaliser sur le jeu »

La gestion du groupe est-elle plus importante que lors d’un match unique ?
Oui ! Il faut prendre en compte les deux matchs. On ne travaille pas sur un match mais deux. Cela mobilise beaucoup plus de personnes au niveau de l’effectif. Tout le monde est concerné. Il y aura, entre guillemets, une première période à Geoffroy-Guichard et une seconde en déplacement, trois jours plus tard.

Quel message allez-vous faire passer à vos joueurs pour que l’enjeu ne prenne pas le pas sur le jeu ?
Le message est régulier. Je pense qu’on travaille tout le temps pour communiquer en ce sens. Il faut d’abord se focaliser sur ce qu’on aura à faire contre le FC Metz. Cela va déjà bien nous occuper l’esprit, que ce soit collectivement ou individuellement, et donc effacer un peu le stress, l’enjeu… On va vraiment se focaliser sur le jeu.

La gestion des émotions est primordiale…
Oui ! Après, chacun la gère différemment. Il y a des garçons qui sont imperméables à la pression, et d’autres qui sont beaucoup plus sensibles. Dans ce cas-là, ça passe par un discours individuel avec chacun. Les garçons que je sentirai plus dans l’émotion, j’irai certainement plus vers eux. Mais, pour une fois, on sait qu’on n’est pas le favori de cette double confrontation, donc ça met plutôt la pression sur l’adversaire que sur nous.

« Georges Mikautadze ? Je vais focaliser mes défenseurs et mes milieux sur l’attention »

Le FC Metz dispose de joueurs très athlétiques. En quoi cela va avoir un impact sur votre plan de jeu ou sur le choix de certains joueurs ?
On a aussi des capacités pour mettre de l’impact physique. Ce qui est important, c’est d’être prévenu. Il faut que les joueurs connaissent leur rôle et qu’ils sachent à quoi s’attendre. Je pense qu’on aura notre mot à dire sur ce plan même si eux sont à un très haut niveau dans ce domaine. On va pouvoir se défendre. Ne vous inquiétez pas !

Comme vous l’avez souligné, Georges Mikautadze sera présent dans les rangs adverses. Comment fait-on pour réduire l’influence de l’un des meilleurs attaquants de Ligue 1 Uber Eats ?
C’est sûr que ce n’est pas facile ! Il faut faire preuve d’attention, à tout moment. C’est un garçon qui peut se faire oublier avant de réapparaître très rapidement et de faire la différence. Donc, je vais surtout focaliser mes défenseurs et mes milieux sur l’attention.

Quel sera le plan pour réussir cette double confrontation ?
Déjà, il faudra qu’on soit très solide défensivement. Ensuite, il faudra qu’on soit plus précis sur le plan offensif. On est une équipe, en Ligue 2 BKT, qui a eu beaucoup d’occasions, de situations offensives, mais qui n’a pas toujours réussi à les concrétiser. Il va falloir être beaucoup plus précis sur ces deux matchs.

« Il y a un certain renouveau dans l’équipe »

Irvin Cardona est votre arme fatale sur la deuxième partie de saison. Comment êtes-vous parvenu à le relancer ?
Je le connais depuis un bout de temps. Je pense que lorsqu’il est dans un lieu où il se sent bien et dans une équipe qui évolue comme il aime, c’est un garçon qui a de grosses capacités. Il a des capacités athlétiques mais aussi de finisseur. Comment j’ai réussi à le relancer ? Je n’ai rien réussi du tout. On a surtout, au niveau du club, réussi à le mettre dans de bonnes conditions. Puis, il faut aussi reconnaître qu’il y a un très bon état d’esprit dans le groupe. Il a été bien accueilli assez rapidement et a su se fondre dans le groupe. Le secret de sa réussite, c’est le groupe, l’équipe par elle-même qui a su bien l’accueillir.

Vous n’êtes pas surpris par ses performances ?
Pas vraiment, non. C’est un garçon que je connais. Je connais ses capacités. Mais je pense aussi que ses six mois avec nous lui ont permis de progresser.

Vous dites souvent que votre équipe manque de coordination dans les derniers mètres. Axez-vous votre préparation sur ce point ?
La préparation est courte ! D’abord, il a fallu récupérer, mais oui, c’est un aspect qu’on travaille mais ce n’est pas le seul. Comme je l’ai dit, on se crée beaucoup de situations très intéressantes mais on manque, parfois, de compréhension, de justesse technique ou d’agressivité pour marquer. Bien sûr qu’on va le travailler mais ce n’est pas en deux jours qu’on va bouleverser l’affaire. Ça se travaille sur le long terme mais on s’est déjà un peu corrigé sur les dernières semaines. On a amélioré certaines choses et c’est aussi ce qui nous a permis de marquer deux buts contre Rodez. On sent qu’on a quand même avancé.

Vous sentez que les fondations de votre équipe sont assez solides pour cette montée ?
Les fondations ? Oui ! Puis, la détermination et la motivation sont là. Il n’y a pas de souci à se faire. La déception de ne pas avoir fini deuxième, c’est du passé, on l’a effacée. Tu sens qu’il y a un certain renouveau dans l’équipe !